Monica Macias, l’Africaine de Pyongyang

Événement en l'honneur du leader nord-coréen, organisé par le Comité nord-coréen pour les relations culturelles avec les pays étrangers, à Pyongyang, le 15 août 2017. © Jon Chol Jin/AP/SIPA

Entre les années 1960 et les années 1980, la Corée du Nord favorisa les échanges universitaires avec le continent. De très nombreux étudiants africains furent invités à l’université Kim-Il-sung pour étudier le coréen, mais aussi dans divers établissements, parmi lesquels l’université d’agriculture de Wonsan.

Les bénéficiaires en gardent un souvenir mitigé : exaltation de vivre dans le pays du juche, où ils pouvaient étudier l’idéologie tout en poursuivant des études de haut niveau, mais aussi sentiment diffus d’être « différents des autres », car noirs dans un pays qui valorise à l’extrême la pureté ethnique.

Une forme de racisme que Monica Macias a bien connue. Son père, Francisco Macias Nguema, premier président de la Guinée équatoriale, la confia en effet à l’âge de 7 ans, avec son petit frère, aux bons soins de son ami Kim Il-sung, avant d’être exécuté, en 1979. C’est sous la protection paternelle du fondateur de la dynastie communiste que Monica grandit.

Racisme au nord comme au sud

Elle rappelle dans son livre Je suis Monica de Pyongyang (éditions Yedam, 2013, Séoul), qu’elle se considère toujours comme nord-coréenne. Elle se souvient aussi des quolibets sur la couleur de sa peau et dit avoir ressenti un racisme qu’elle qualifie de « trait communautaire de protection sociale commun à tous les Coréens, au nord comme au sud ».

En Corée du Sud, où elle émigra en 2000, elle subit exactement les mêmes moqueries. Il n’y a plus aujourd’hui d’étudiants africains en Corée du Nord.

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