RDC : quand Joseph Kabila retient mieux les noms des hauts gradés que ceux de ses ministres

Joseph Kabila, président de la RDC, lors de la 72ème assemblée générale de l'ONU à New-York, le 23 septembre 2017. © Craig Ruttle/AP/SIPA

C’est une confidence dont se délecte un cadre de la majorité présidentielle, et qui en dit beaucoup sur l’attention que Joseph Kabila porte aux uns - les hauts gradés, sur lesquels repose son pouvoir - et aux autres - les ministres.

« Le président assiste rarement au Conseil des ministres. Et, quand il vient, il lui arrive de demander discrètement à son directeur de cabinet comment s’appelle tel ou tel membre du gouvernement qui a pris la parole. » Rares sont d’ailleurs les ministres qui ont un accès direct au chef de l’État. Kabila connaît en revanche sur le bout des doigts les hommes clés de son appareil sécuritaire.

Kabila maître du jeu

Il n’y a pas de hiérarchie entre les hommes clés de la galaxie sécuritaire de la « kabilie ». Tout le système est construit autour du chef de l’État. C’est à lui que tous répondent. Un officier qui a requis l’anonymat ajoute : « Joseph Kabila s’arrange pour mettre en concurrence des profils antinomiques à tous les niveaux. »

C’est ainsi qu’au sein de l’armée le général Olenga, directeur de la Maison militaire du président, a pu disputer le commandement des troupes au général Etumba, le chef d’état-major des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

La même dualité s’observe au sein des services de sécurité, où Kalev Mutond, patron de l’Agence nationale de renseignement (ANR), marche très souvent sur les plates-bandes de François Beya, de la DGM (Direction générale de migration). Surtout lorsqu’il s’agit de s’enquérir des faits et gestes d’activistes, de chercheurs et de journalistes étrangers. Kabila est la pierre angulaire de l’édifice. Sans lui, tout s’écroule.

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