Crise du Golf : une liste noire saoudienne controversée

Arrivée de l’aide humanitaire qatarie lors des inondations à Khartoum, en août 2013. © ASHRAF SHAZLY/AFP

Entre autres critiques, le Quartet antiterroriste (ATQ, composé de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et de l’Égypte) accuse Doha de soutenir des organisations ou des personnalités liées à des mouvements terroristes.

Quelques jours après l’annonce du blocus contre le Qatar, l’ATQ publiait ainsi un communiqué accompagné d’une liste de 59 personnes et de 12 entités « liées au Qatar et au service d’un programme politique suspect du Qatar ». Le document d’une cinquantaine de pages n’apporte aucune preuve irréfutable. Mais de nombreuses ONG sont pointées du doigt.

Certaines œuvrent actuellement sur le continent, comme Qatar Charity, présente dans près d’une trentaine de pays africains et à l’origine de la construction de milliers de mosquées et de projets d’approvisionnement en eau potable. C’est le cas également de la Sheikh Thani Bin Abdullah Foundation for Humanitarian Services, active au Kenya, au Soudan, en Mauritanie et au Ghana, où elle construit des mosquées, ouvre des écoles coraniques et distribue des corans par milliers. L’ATQ met également en accusation le ministère qatari de la Dotation – plusieurs anciens ministres seraient liés à des groupes terroristes.

Personnalités

Côté personnalités, une douzaine sont d’origine égyptienne et libyenne. Sans surprise, le prédicateur égyptien Yusuf Abdullah al-Qaradawi en fait partie. Depuis Doha, ses prêches controversés sont largement diffusés sur le continent. L’ancien jihadiste Abdelhakim Belhadj, figure de la révolution libyenne, ainsi que son média Nabaa TV se trouvent également sur la liste, tout comme son ancien frère d’armes Mahdi al-Harati, un temps membre de l’Armée syrienne libre et élu maire de Tripoli en 2014.