Algérie : la fin de la manne pétrolière d’ici 2030 ?

« À l’horizon 2022, la consommation locale de pétrole ne permettra plus d’exportations », selon l’ex-ministre des Finances Abdellatif Benachenhou. © CC0 Creative Commons

Dans son essai "L’Algérie, sortir de la crise", paru en 2015, l’ex-ministre des Finances Abdellatif Benachenhou expliquait que la production d’hydrocarbures serait largement absorbée par la demande locale à l’horizon 2030.

Même si des politiques d’économie d’énergie et de développement d’énergies renouvelables sont lancées d’ici là, « à l’horizon 2022, la consommation locale de pétrole ne permettra plus d’exportations, écrit l’ex-ministre et ami de Bouteflika. En 2030, la consommation locale de gaz représentera 85 % de la production commercialisée ». Ce constat est partagé par l’ancien PDG de Sonatrach Abdelmadjid Attar.

Au-delà de 2025, expliquait-il en 2016, « si aucune mesure n’est prise, notamment en matière de modèle de consommation énergétique, il est très peu probable que la production d’hydrocarbures conventionnels puisse satisfaire en même temps les besoins de consommation interne et le même niveau absolu de rente financière ». En clair, il n’y aura plus de pétrole et de gaz à exporter, et les ressources en devises du pays se seront taries, même avec un baril à 140 dollars.

Explosion des besoins énergétiques

La démographie galopante – 1 million d’habitants de plus par an – et l’explosion des besoins énergétiques expliquent cette courbe ascendante de la consommation. À titre d’exemple, le parc automobile est passé de 2,6 millions de véhicules en 2006 à 8 millions en 2016. Selon la Statistical Review of World Energy du groupe britannique British Petroleum datée de septembre dernier, l’Algérie a consommé en moyenne en 2016 pas moins de 412 00 barils par jour (b/j). Soit presque la moitié de sa production journalière, laquelle est de 1,065 million b/j.

Or, à l’horizon 2030, les besoins énergétiques de la population – 50 millions d’habitants – devraient avoir doublé. C’est dire l’urgente nécessité de sortir du tout-pétrole, avec ou sans la planche à billets. 

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