Sénégal : Sedima et ses poules aux œufs d’or

Au couvoir de Ndiakhirate, près de Dakar, qui peut produire jusqu’à 1,75 million d’Sufs par an. © Sedima

Pour faire face à la concurrence, le leader national de l’aviculture diversifie ses activités et ouvre de nouvelles unités industrielles.

En propulsant sa fille Anta Babacar Ngom Bathily à la direction générale de l’entreprise familiale en janvier 2016, tout juste quarante ans après la création de celle-ci, le fondateur de Sedima, Babacar Ngom, savait que les bases de son groupe étaient plus que solides.

En dépit de la vive concurrence qui règne désormais dans la filière, avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 32 milliards de F CFA (48,8 millions d’euros) et un effectif d’environ 780 employés, Sedima est le leader sénégalais et ouest-africain de l’aviculture, son cœur de métier. Il assure ainsi plus de 20 % de la production nationale de poussins (commercialisés pour la ponte et la chair).

« Ces dernières années, le groupe a multiplié les investissements afin d’être présent sur toute la chaîne de valeur de la filière », explique Anta Babacar Ngom Bathily. Pionnier dans la production d’aliments pour volailles (depuis 1989), il vient de compléter son offre avec le lancement d’une nouvelle gamme pour les ruminants et s’est lancé depuis quelques années dans la culture de maïs et de sorgho, aliments de base pour la provenderie. De l’autre côté de la chaîne, il a ouvert cette année un abattoir industriel, doté d’une capacité de traitement de 6 000 poulets par heure. La boucle est bouclée.

La nouvelle stratégie de l’entreprise

Si le groupe, fort de sa longévité et de son savoir-faire, continue de dominer le marché avicole sénégalais, il n’y est plus seul. En pleine croissance depuis le gel par l’État des importations de produits avicoles en 2005 (afin de protéger le pays de la pandémie de grippe aviaire), la filière a vu émerger de grandes fermes industrielles et a attiré les investisseurs locaux et étrangers. Une évolution qui a incité Sedima à prendre un virage stratégique.

 Sedima prépare en effet l’ouverture de filiales au Mali, au Congo et en Guinée équatoriale

En 2011, Babacar Ngom crée Batix, une filiale spécialisée dans l’immobilier institutionnel et haut de gamme, ainsi que dans la construction d’installations et de bâtiments industriels. L’entreprise a notamment réalisé le nouveau siège régional de Bank of Africa (BOA), dans le très chic quartier dakarois des Almadies, ou encore celui de Total Sénégal.

Le groupe a également pris des participations dans le capital de certaines banques comme BOA Sénégal et, plus récemment, de Mansa Financial Group (MFG), établi à Abidjan et présidé par l’Ivoirien Serge Bailly. En 2014, Sedima fait son entrée parmi les minotiers, déjà en surchauffe, rejoignant dans leur cœur de métier ses principaux challengers sur le segment alimentation volaille (GMD, NMA Sanders et FKS). Sa minoterie dispose d’une capacité de production annuelle de 70 000 tonnes de farine de blé tendre.

Sedima veut créer des filiales sur le continent

Quatre décennies après le début de son aventure dans un petit poulailler de Keur Massar, dans les faubourgs de Dakar, le géant sénégalais de l’aviculture nourrit aujourd’hui des appétits continentaux. Sedima prépare en effet l’ouverture de filiales au Mali, au Congo et en Guinée équatoriale.

Pour ses implantations, il prévoit l’installation de complexes avicoles dotés de trois pôles d’activité (des fermes, un couvoir et une unité de production d’aliments) au Mali, de quatre pôles en Guinée équatoriale (des fermes, un couvoir, une usine d’aliments pour volailles et un abattoir) et de cinq pôles au Congo-Brazzaville, où le groupe compte également établir une minoterie.

Enfin, Sedima est en discussion avec l’américain KFC afin d’ouvrir très prochainement un restaurant franchisé à Dakar. 

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