Libye : quand la guerre met les femmes au pas

En 2012, l’Assemblée comptait 16,5 % de députées. © GIANLUIGI GUERCIA/AFP

En Libye, la condition des femmes est en pleine régression. Depuis février dernier, les femmes de moins de 60 ans de l'Est libyen, ne peuvent plus voyager seules à l'étranger.

En février, les autorités du maréchal Khalifa Haftar, qui gouvernent l’Est libyen, ont interdit aux femmes de moins de 60 ans de voyager seules à l’étranger. Quelques semaines plus tard, la décision est gelée. Mais le symbole est là : même dans le camp que l’Occident aime à percevoir comme « laïque », les réflexes conservateurs prennent le dessus.

En 2013 déjà, la plus haute autorité juridique du pays abolissait un vieil amendement datant de l’époque de Mouammar Kadhafi qui obligeait les hommes à obtenir le consentement de leur première épouse avant de pouvoir contracter une deuxième union. L’un des rares progrès enregistrés en matière de droits des femmes durant la dictature. Pourtant, les femmes ont largement participé à la révolution de 2011.

Les femmes sont écartées de l’espace public

Lors des premières législatives de 2012, le chef de guerre islamiste Abdelhakim Belhadj a même présenté une femme non voilée sur les listes de son parti. Au total, elles sont 33 à intégrer la nouvelle Assemblée, soit 16,5 % des sièges, alors que le Conseil national de transition, principal organe de la révolution, non élu, ne comptait que deux femmes pour une cinquantaine de sièges.

Mais la guerre a rattrapé les Libyennes. Aujourd’hui, du fait de l’insécurité, elles ne participent même plus à la vie économique de leur pays. Le poids des religieux a augmenté, et leur statut est plus que jamais précaire.