Égypte : droits des femmes, un retour vers le passé

99 % des Égyptiennes ont déjà subi une forme de harcèlement sexuel, d’après l’ONU. © Ahmed Ismail/Anadolu Agency/AFP

Les femmes sont souvent victimes de violences et de discriminations en Égypte. Une situation qui inquiète les défenseurs des droits de l'Homme.

Peu de temps après que le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a proposé d’ouvrir le débat sur l’égalité dans l’héritage, une députée égyptienne de confession copte s’est indignée de ces propos.

De quoi tempérer l’enthousiasme de 2015, lorsque les observateurs remarquaient que le nombre de femmes au Parlement avait bondi à la faveur des législatives – 89 sièges sur 596, contre 9 précédemment.

Le conservatisme du pays des pharaons est maintenant bien connu en Afrique du Nord. Et la révolution de 2011 a eu des effets contradictoires. Les femmes étaient très présentes dans les manifestations, mais elles y étaient aussi la cible de violences sexuelles, de la part de policiers comme de civils. En 2013, ONU Femmes publiait un rapport selon lequel 99 % des Égyptiennes avaient subi une forme de harcèlement sexuel.

Une société patriarcale

Le problème est endémique. Sur le plan légal, l’Égypte reste un pays très dur pour les femmes. Exemple parmi tant d’autres : il subsiste toujours une loi dite « d’obéissance » qui permet à un homme de porter plainte contre son épouse si cette dernière quitte le domicile sans le prévenir.

Les défenseuses des droits des femmes ne désarment pas mais subissent une répression politique depuis le coup d’État du président Abdel Fattah al-Sissi, en 2013. Ainsi l’avocate et militante Azza Soliman, qui anime un centre d’assistance juridique pour les femmes, se retrouve sous le coup de poursuites judiciaires.