Allemagne : ces candidats venus d’ailleurs

Cem Özdemir, coprésident des Verts, devant le Bundestag, le 21 juin. © John Macdougall/AFP

De plus en plus de responsables politiques allemands sont d’origine étrangère. Défendre à la fois les intérêts de leur pays et ceux de leur communauté ne va pas toujours de soi.

«Près de 25 % de la population est d’origine étrangère, mais seuls 3,5 % des députés au Parlement ne sont pas allemands ‘de souche’, critique Gökay Sofuoglu, le président de la Communauté des Turcs d’Allemagne. C’est pourquoi nous demandons aux partis politiques l’instauration de quotas afin de mieux refléter la diversité de la population. »

La proposition a peu de chances d’aboutir, mais elle met en lumière un débat récurrent à chaque élection. Comme dans de nombreux pays européens, la politique a longtemps été très « blanche » en Allemagne. Elle prend aujourd’hui des couleurs, mais lentement. Sur les 4 828 candidats aux législatives du 24 septembre, 92 sont d’ascendance turque. Les autres origines n’ont pas même été recensées

Partagé entre deux identités

L’un des plus connus de ces parlementaires venus d’ailleurs se nomme Cem Özdemir. Né en Allemagne de parents turcs en 1965, il a été élu en 1994 député du parti Alliance 90/Les Verts et copréside aujourd’hui ce parti (avec Claudia Roth). S’il entend avant tout représenter les intérêts de son pays, il est souvent interrogé sur les questions relatives à l’intégration.

Tout comme Özcan Mutlu, député des Verts né en Turquie, ou Omid Nouripour. Arrivé d’Iran à l’âge de 10 ans, ce dernier est aussi spécialiste des questions de sécurité et du jihadisme. Souvent, les politiques d’origine étrangère se trouvent donc tiraillés entre la défense des intérêts de leur pays et celle des membres de leur communauté, qui se sentent délaissés par les candidats traditionnels. C’est d’ailleurs aussi le cas de la nouvelle génération. Première députée de confession musulmane élue sur les listes des chrétiens-démocrates de la CDU, Cemile Giousouf (39 ans) participe ainsi à de nombreuses manifestations sur le thème de l’immigration.

Du côté des Africains, Karamba Diaby et l’ex-acteur de séries télévisées Charles M. Huber (CDU) avaient fait sensation en 2013 en devenant les premiers politiques d’origine sénégalaise à entrer au Bundestag. Cette année, Diaby est à nouveau candidat pour le SPD tandis que Huber, fils d’un diplomate sénégalais et d’une Allemande, a choisi de se retirer du jeu.