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Libye : « Le mystère Haftar », à lire dans « La Revue » no 73, en kiosque actuellement

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Le numéro 73 du bimestriel La Revue est en vente dans les kiosques depuis le 31 août.

Le 25 juillet, le président français Emmanuel Macron réunissait à La Celle-Saint-Cloud, près de Paris, les deux principaux protagonistes de l’interminable crise libyenne. D’un côté, le chef du gouvernement officiel du pays, celui que les autorités internationales ont reconnu : Fayez al-Sarraj. De l’autre, le maréchal Khalifa Haftar, dont l’armée tient l’est du pays.

À 73 ans, le militaire continue à intriguer. Jeune officier, il a servi le régime de Kadhafi et combattu les troupes tchadiennes. Vaincu, fait prisonnier, il s’est ensuite retourné contre son ancien maître, a tenté de l’éliminer, a échoué et s’est réfugié aux États-Unis pour un exil de plus de vingt ans qui, aujourd’hui encore, alimente rumeurs et soupçons. Qu’a fait Khalifa Haftar en Amérique, comment a-t‑il vécu ? Est-il devenu comme le prétendent la plupart de ses ennemis un « agent de Washington » ?

Son retour en Libye

Personnage ombrageux et sûr de sa valeur, celui qui est revenu en Libye en 2011 est aussi difficile à approcher qu’incontournable dans la résolution du conflit. La Revue a demandé à l’une des très rares journalistes à l’avoir approché ces dernières années, Roumiana Ougartchinska, de dresser son portrait. Elle raconte comment l’officier a réussi à prendre le contrôle de la moitié du pays, comment il a su nouer des alliances, jouer un camp contre l’autre, se rapprocher de la Russie. Sans oublier de rappeler que le caractère intransigeant et abrupt du maréchal lui a aussi valu pas mal d’inimitiés et lui a aliéné certains pays qui auraient pu lui proposer leur soutien.

Khalifa Haftar est tout autant la solution que le problème estime Alain Faujas

Car, comme le souligne notre collaborateur Alain Faujas, dans la Libye de 2017 Khalifa Haftar est tout autant la solution que le problème. L’Égypte, rappelle-t‑il, a fait beaucoup d’efforts afin d’organiser une rencontre entre Haftar et Sarraj avant de jeter l’éponge face à l’entêtement du militaire. La France, qui vient de réussir à réunir les deux hommes, se méfie de l’imprévisible maréchal et continue de considérer, officiellement, Fayez al-Sarraj comme le seul dirigeant légitime du pays. Enfin, chacun sait que, si les deux acteurs réunis à La Celle-Saint-Cloud pèsent lourd sur l’échiquier libyen, il faut aussi compter avec les ambitions de Seif el-Islam, le fils de Kadhafi récemment sorti de prison. Voire avec l’ancien Premier ministre Khalifa al-Ghweil et ses milices. De quoi compliquer encore un peu ce qu’on est tenté de qualifier, même si la formule fait un peu cliché, d’« imbroglio libyen ».

La Revue no 73, sept.-oct. 2017, 148 pages, 8,90 euros, 4 000 F CFA.