Algérie : les raisons d’un football faiblard à l’intérieur et brillant à l’extérieur

Des supporteurs algériens. © Sunday Alamba/AP/SIPA

L'équipe nationale algérienne repose essentiellement sur sa diaspora évoluant dans les championnats étrangers. Et ça ne date pas d'hier.

Demandez à n’importe quel supporter le nom de la star de la sélection algérienne de football, celle qui fait chavirer le cœur d’Alger à Tamanrasset, celle qui a suscité l’intérêt des plus grands clubs européens en août, il vous donnera sans hésiter le nom de Riyad Mahrez. Né et formé en France, le milieu de terrain de 26 ans n’a pourtant jamais évolué dans un club en Algérie. Au sein de la sélection nationale, le cas de celui qui fut élu meilleur joueur de la ligue anglaise en 2016 n’est pas une exception mais plutôt la règle.

Durant le mondial du Brésil, en 2014, cette équipe présentait la particularité d’être constituée en quasi-totalité de joueurs expatriés. Hormis les deux gardiens de but, les Verts venaient tous de clubs d’Europe ou du Golfe. Cette spécificité n’est que le reflet du football algérien d’aujourd’hui : faiblard à l’intérieur, brillant à l’extérieur. Pour prendre la mesure de cette profonde mutation, il faut s’arrêter sur deux dates charnières qui marquent le football algérien.

L’important rôle de la diaspora

Espagne, juin 1982. Les Fennecs terrassent l’ogre allemand (2-1) et manquent la qualification en raison d’une scandaleuse combine entre l’Allemagne et l’Autriche. L’exploit est d’autant plus retentissant qu’une grande partie de ces joueurs, comme Belloumi, Assad ou Madjer, évoluent alors dans des clubs algériens. Juin 2014. Bien qu’ils se soient inclinés face aux Allemands (1-0) lors des 8es de finale du mondial brésilien, les Verts n’en donnent pas moins de bonheur à leurs compatriotes en permettant à l’Algérie de se qualifier pour la première fois au second tour d’une Coupe du monde. Mais un monde sépare les deux événements.

Pourquoi le football algérien repose-t-il aujourd’hui sur sa diaspora ? Centres, écoles de formation et instituts quasi inexistants, argent et corruption, encadrement instable et management faible, les clubs d’Algérie ne sont plus en mesure de produire des joueurs aussi bancables que Riyad Mahrez, dont la valeur marchande est estimée par son club, Leicester, à 45 millions d’euros.

Couverture

Exclusivité : - 30% sur votre édition digitale


Couverture

+ LE HORS-SERIE FINANCE OFFERT dans votre abonnement digital. Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez !

Je m'abonne à Jeune Afrique