Tunisie – Qatar : Trump cherche la faille

Par Jeune Afrique

Le Sheikh qatari Tamim bin Hamad al-Thani donne un discours lors de la cérémonie d'inauguration de Tunisia 2020, une conférence sur l'investissement international, à Tunis le 29 novembre 2016. © Hassene Dridi/AP SIPA

Le projet de loi de finances 2018 des États-Unis prévoit une réduction de l’aide à la Tunisie. Pour étayer ses arguments devant le Congrès, l’administration Trump passe au crible les relations de Tunis avec Doha.

Washington épingle les associations caritatives financées par Doha, et notamment les liens qu’entretiendrait la fondation Silatech, présidée par Cheikha Moza, avec le Réseau Entreprendre, une association tunisienne qui soutient de jeunes créateurs d’entreprise et que préside Badreddine Ouali, patron du groupe Vermeg.

Surtout, les Américains s’intéressent de près à la création, en 2016, de la Fondation Tunisie pour le développement, qui, via le projet Smart Tunisia, vise à créer 50 000 emplois pour les jeunes d’ici à cinq ans. Cette fondation, dirigée également par Ouali et qui compte parmi ses membres l’ex‑Premier ministre français Jean‑Pierre Raffarin, a reçu l’accord de principe de l’UE pour une contribution à son financement. Mais, selon des indiscrétions de l’ambassade des États‑Unis à Tunis, elle compte à terme élargir son tour de table au Qatar, qui exigerait une confidentialité absolue quant aux actions qu’il envisage de financer.

En visite à Washington en juillet, Youssef Chahed a défendu la position de la Tunisie pour que l’aide américaine ne soit pas réduite. Tunis, qui a beaucoup reçu du Qatar depuis la troïka, a cependant tenu à rester neutre dans le conflit opposant le petit émirat gazier et son imposant voisin l’Arabie Saoudite.

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