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Lutte antiterroriste : Rabat et Madrid main dans la main

Un membre de l'unité antiterroriste devant le bureau central d'investigation judiciaire marocain, le 20 avril 2015. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Au lendemain des attentats en Catalogne, une équipe du Bureau central [marocain] des investigations judiciaires (BCIJ) est arrivée à Madrid pour prêter main-forte aux enquêteurs espagnols.

Efficace, la coopération entre le Maroc et l’Espagne en matière d’antiterrorisme est souvent saluée par les responsables des deux pays. Lors de son avant-dernière visite au Maroc, en juin, Juan Ignacio Zoido, ministre espagnol de l’Intérieur, avait une fois de plus félicité le renseignement marocain pour avoir contribué à déjouer une bonne partie des dizaines de projets d’attentat évités sur le sol espagnol.

En mai dernier, les polices des deux pays évoquaient d’ailleurs une opération conjointe qui avait permis l’arrestation, entre Tanger et la Catalogne, de trois Marocains actifs dans une cellule de recrutement pour Daesh.

71 % des Espagnols arrêtés pour des activités en lien avec Daesh sont nés au… Maroc

Devenue, à l’aube des années 2000, l’un des premiers pays d’immigration de la planète, l’Espagne a naturellement attiré des centaines de milliers de jeunes Marocains, venus travailler dans des exploitations agricoles.

Les enclaves de Sebta et Melilla en concentrent à elles seules 82 000 et sans doute davantage de binationaux. Et c’est dans ces deux présides, et en Catalogne, qu’a été observée ces dernières années une recrudescence de l’activité des cellules terroristes.

Une étude réalisée par l’Institut royal Elcano en juillet 2016 avait conclu que 71 % des Espagnols arrêtés pour des activités en lien avec Daesh étaient nés à Sebta ou Melilla.