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« Tahar Ben Ammar, homme d’État », la biographie qui montre la face obscure de Bourguiba

Tahar Ben Ammar, président du Conseil tunisien, signe le protocole de l'Indépendance. À g., Christian Pineau, ministre français des Affaires étrangères. À dr., Mongi Slim, ministre de l'Intérieur tunisien, et Ahmed Mestiri, chef de cabinet de Mongi Slim. Au Quai d'Orsay, à Paris, le 20 mars 1956. © Archives J.A.

Chedly, le fils de Tahar Ben Ammar (1889-1985), éminent homme politique et premier chef du gouvernement de la Tunisie indépendante, poursuit son devoir de mémoire et de réhabilitation en publiant « Tahar Ben Ammar, homme d’État : la force de la persévérance ».

Un ouvrage dense et richement documenté qui complète l’édition en langue arabe parue en 2015 et qui fera l’objet d’une intervention à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, cet automne. Chedly Ben Ammar revient sur le rôle primordial du signataire des accords d’autonomie interne (1955) et du protocole d’indépendance (1956) dans le mouvement national tunisien.

En rétablissant les faits historiques, étayés par des archives inédites, il met aussi en exergue la face obscure de Habib Bourguiba, qui, face au refus de Tahar Ben Ammar de témoigner contre le bey déchu, avait tenté de jeter l’opprobre sur l’un des fondateurs du Destour par un procès inique, en 1958.

Plusieurs figures politiques, dont Mohamed Masmoudi, Chedly Zouiten et Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique, ainsi que Pierre Mendès France, Edgar Faure et Pierre July, s’étaient élevées contre l’infamie faite à cet homme qui, ébranlé par cette épreuve, se retirera de la vie publique.