Armes découvertes à Bouaké : comment « Soul to Soul » s’est trahi

Par Jeune Afrique

Le 6 novembre 2004, le bombardement du camp français de la force Licorne faisait dix morts, dont Robert J. Carsky. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

La découverte à Bouaké, dans la nuit du 14 au 15 mai, d’une cache d’armes au domicile de Souleymane Kamaraté Koné, alias Soul to Soul, directeur du protocole de Guillaume Soro, ne résulte pas d’une dénonciation, comme cela avait été dit, mais d’un appel de Soul to Soul lui-même, que les autorités ont intercepté, durant la mutinerie, grâce à une écoute téléphonique.

Selon nos informations, au cours de cet appel, Soul to Soul indique à l’un des mutins l’emplacement de la cache et lui conseille de se réarmer. Quinze tonnes d’armes ainsi que des munitions ont été retrouvées dans l’ancienne piscine réaménagée en sous-sol de la maison. Plusieurs proches du président de l’Assemblée nationale ont, depuis, été entendus par les enquêteurs de la brigade de recherche de la gendarmerie. Parmi eux, le lieutenant-colonel Issouf Ouattara (alias Kobo), chef de la sécurité de Soro, et le colonel Adama Yéo, l’un des responsables de la sécurité du Parlement. Tous deux étaient chargés de reverser cet arsenal dans les stocks de l’armée.

Parallèlement, la mission des experts des Nations unies sur ces mêmes caches d’armes, diligentée à la demande du président, Alassane Ouattara, a été prolongée – elle avait engagé ses investigations le 7 juin et devait travailler un mois.

Ces spécialistes des questions d’armement épaulent l’équipe ivoirienne, composée d’une dizaine de personnes. Selon leurs premières constatations, les armes découvertes ont bien été acquises en 2011, comme l’assurait l’entourage de Soro. Ils tentent d’identifier leur provenance et leur mode d’acquisition. Et, surtout, de localiser d’autres caches dans le pays (il y en aurait au moins deux de plus selon eux). Un rapport intermédiaire doit être remis aux autorités à la mi-septembre.