Santé des chefs d’État : Mohammed VI, transparence royale

Le Roi Mohammed VI préside la cérémonie de lancement du nouveau modèle de développement des provinces du Sud le 7 novembre 2015 à Laâyoune. © MAP

Certains courent, d'autres nagent, tous ou presque font des visites médicales régulières. Mais quels que soient leur âge et leur forme, les chefs d'État africains répugnent à dévoiler leur état de santé. Jeune Afrique vous propose un check up continental de ceux qui nous gouvernent.

Novembre 2015, Moham­med VI est à Laayoune, la ville principale du Sahara occidental, à l’occasion du 40e anniversaire de la Marche verte. Mais, alors que ce déplacement devait durer une dizaine de jours, la visite est subitement écourtée.

Dans la foulée, le cabinet royal déclare que le médecin personnel du monarque « a prescrit la suspension des activités [de ce dernier] pour une période allant de dix à quinze jours » à la suite « d’un syndrome grippal avec atteinte broncho-­pulmonaire et oropharyngée » et d’« une extinction de voix ».

Le premier « certificat médical royal » présenté aux Marocains ne date que de 2009 et il avait alors constitué un fait inédit

Un an auparavant, l’annulation d’une visite d’État en Chine avait aussi fait l’objet d’un communiqué détaillant la maladie du roi. Une manière de couper court à toute rumeur.

Ces annonces officielles se sont quelque peu « banalisées », mais le premier « certificat médical royal » présenté aux Marocains ne date que de 2009 et il avait alors constitué un fait inédit. C’est le médecin personnel du roi, Abdelaziz Maaouni, et son équipe de confrères militaires galonnés qui se chargent de trouver les mots justes.

Une transparence qui a cependant ses limites : les journalistes qui avaient alors cherché des détails ont été priés de s’intéresser à d’autres sujets.

Au Maroc, comme partout dans le monde, la santé du chef de l’État reste un sujet sensible. À l’ère de Hassan II, c’était même un tabou. Rien ne filtrait à ce sujet jusqu’à son décès en juillet 1999 dans la clinique privée ultramoderne qu’il avait installée dans l’enceinte même de son palais de Rabat.

Hassan II avait déposé un brevet d’invention pour un appareil présenté à l’époque comme révolutionnaire pour la cardiologie

Hassan II se passionnait pour la médecine. En 1985, il avait d’ailleurs déposé un brevet d’invention pour un appareil présenté à l’époque comme révolutionnaire pour la cardiologie. Enregistré auprès de l’Office marocain de la propriété industrielle sous le numéro 20630, cet appareil baptisé Markar n’a finalement jamais été adopté par le corps médical.

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