Santé des présidents : Paul Biya, le bon air suisse

Le président camerounais, Paul Biya. © Francois Mori/AP/SIPA

Certains courent, d'autres nagent, tous ou presque font des visites médicales régulières. Mais quels que soient leur âge et leur forme, les présidents africains répugnent à dévoiler leur état de santé. Jeune Afrique vous propose un check up continental de ceux qui nous gouvernent.

Le bulletin de santé du président camerounais est un secret bien gardé. Confidentialité que lui assurent les cliniques privées suisses qu’il fréquente lors de ses séjours helvétiques réguliers. Lorsque les soins exigent qu’il se rende dans un hôpital, le pavillon concerné met en congé, le cas échéant, son personnel d’origine africaine.

Selon un professeur en médecine générale d’origine camerounaise qui l’observe de loin depuis des décennies, le patient Biya est un octogénaire bien conservé mais, à 84 ans, « il est fort probable qu’il souffre d’hyperplasie de la prostate, ce qui est normal pour son âge », estime le praticien, qui a choisi l’anonymat.

À la démarche du chef de l’État, moins alerte ces dernières années, on devine quelques problèmes articulaires, et sa difficulté à gravir un escalier laisse penser à une arthrose. Certes, la télévision nationale a interdiction de le filmer de trop près, mais cela se voit, il n’a jamais eu recours à la chirurgie plastique du visage, contrairement à certains de ses homologues.

Chez cet amateur de cyclisme, le visage ne présente aucun stigmate d’accident vasculaire cérébral, selon le même médecin. Sa longévité tient à son hygiène de vie : peu mondain, il mange sobrement, même s’il est un amateur de vin. Les multiples rumeurs sur son état de santé le font sourire et il arrive qu’il en joue.

Pendant près de cinq jours, Paul Biya est donné pour mort dans une clinique genevoise

Exemple en juin 2004. Pendant près de cinq jours, Paul Biya est donné pour mort dans une clinique genevoise. Avant de retourner magistralement à son profit le faire-part de décès lancé sur internet, en s’offrant à son retour un accueil d’empereur romain, testant au passage la fidélité de ses collaborateurs. Il pose le pied à l’aéroport de Nsimalen avec la mine gourmande d’un machiavel d’opéra. « Le fantôme vous salue bien ! Certains, apparemment, étaient pressés d’assister à mes funérailles. »

Couverture

Exclusivité : - 30% sur votre édition digitale


Couverture

+ LE HORS-SERIE FINANCE OFFERT dans votre abonnement digital. Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez !

Je m'abonne à Jeune Afrique