Marge de manœuvre limitée pour l’économie congolaise

Les brasseries, une des filières épargnées par la baisse des activités. Ici chez Brasco, à Pointe-Noire. © Patrick Robert/Corbis/Getty

Avec la chute des cours mondiaux du baril amorcée en 2014 et une production pétrolière également en baisse au niveau national, il ne faut pas attendre de miracle au Congo-Brazzaville.

Surtout quand l’économie repose encore très largement sur les hydrocarbures et que la diversification n’en est qu’à ses balbutiements. Le taux de croissance de l’économie congolaise s’est établi à – 2,7 % en 2016, contre + 6 % en 2014, et est projeté à – 1,9 % en 2017.

Excepté l’agriculture et la branche des brasseries, aucun secteur n’est épargné, le plus affecté étant celui du BTP, en raison de la suspension des grands projets d’infrastructures. La récession ayant fait chuter le niveau des recettes fiscales et d’exportations, le budget de l’État s’est contracté de 24 % en 2017, les réserves budgétaires auprès de la Beac se sont épuisées, et les réserves de change sont tombées à un mois et demi d’importations.

Pour réduire les dépenses, le budget d’investissement a été sérieusement revu à la baisse dans tous les ministères. Le budget de fonctionnement reste similaire à celui de 2016.

La dette congolaise est de deux fois le taux autorisé au sein de la zone Cemac

La tâche la plus difficile du gouvernement congolais reste de trouver les fonds pour apurer sa dette. Affichée à 77 % du PIB en mars, celle-ci atteindrait en fait 117 % du PIB, selon les estimations confirmées début août par le Fonds monétaire international (FMI), soit près de deux fois le taux autorisé au sein de la zone Cemac.

Pour le Fonds, avec lequel le Congo doit prochainement négocier un programme d’ajustement budgétaire, le choix des investissements publics devra reposer sur trois critères : l’urgence, la nécessité et l’utilité.

Les perspectives restant fragiles en raison du manque de diversification de l’économie et des exportations, l’État doit trouver des financements à court terme, qui lui permettront d’endiguer le repli des réserves, de ramener son déficit budgétaire hors pétrole à 13,5 % du PIB en 2017, d’apurer sa dette, ainsi que les arriérés de paiements qui asphyxient un grand nombre d’entreprises, et de régulariser le règlement des pensions des fonctionnaires retraités. Ce qui laisse présager une cure d’austérité plus drastique qu’elle ne l’était.

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