Burkina : ce mandat d’arrêt international contre François Compaoré dont personne n’avait entendu parler

Par Jeune Afrique

François Compaoré, le frère du président Blaise Compaoré, le 30 novembre 2012 à Ouagadougou, au Burkina Faso. © Ahmed Ouaba/AFP

Début mai, la justice burkinabè a émis un mandat d’arrêt international contre François Compaoré, le frère cadet de Blaise Compaoré, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Norbert Zongo.

Émile Zerbo, doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Ouagadougou, chargé de cette affaire, le soupçonne d’« incitation à assassinat » sur la personne du journaliste d’investigation et de trois de ses camarades, retrouvés morts dans une voiture calcinée le 13 décembre 1998.

À l’époque, Norbert Zongo enquêtait sur le décès de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré. Selon nos informations, ce mandat d’arrêt a été transmis à Interpol mais n’a pas encore été notifié par canal diplomatique aux autorités des pays où François Compaoré se déplace régulièrement depuis que son frère a quitté le pouvoir en 2014 : la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin, qui tous ont signé des accords de coopération judiciaire avec le Burkina.

Plusieurs sources ministérielles burkinabè affirment avoir découvert l’existence de ce mandat il y a seulement quelques jours. Idem à la présidence, où l’on assure que Roch Marc Christian Kaboré « n’a pas abordé ce sujet » avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara lors du dernier sommet du Traité bilatéral d’amitié et de coopération, le 17 juillet à Ouaga.

De son côté, Pierre-Olivier Sur, l’avocat français de François Compaoré, indique qu’il n’a pas été informé de cette procédure contre son client.