Nauvu : un mariage singapourien qui tourne court en Afrique

Olam est présent dans 25 pays africains. © DR

Annoncée fin 2007, la création de la coentreprise Nauvu, détenue à 50 % par Olam et à 50 % par Wilmar, devait servir de socle pour leur développement commun en Afrique.

« À l’origine du deal Sifca, observe une source juridique, Olam, qui a commencé comme trader de matières premières en Afrique de l’Est, apportait sa longue expérience sur le continent, tandis que Wilmar, connaissant mal l’Afrique, amenait son savoir-faire de numéro un mondial de l’huile de palme. » Mais les relations entre les deux singapouriens se révéleront vite houleuses.

« Ce sont deux entreprises de cultures très différentes : Olam regarde le compte de résultat avant tout, tandis que Wilmar se lance d’abord dans les projets », nous explique un témoin de leurs dissensions. Résultat, chacun mène sa barque de son côté. Outre des investissements dans la noix de cajou en Côte d’Ivoire ou encore dans la farine au Sénégal, Olam, coutumier des changements stratégiques, s’est lancé pour la première fois dans la production d’huile de palme au Gabon, où il a planté quelque 50 000 ha avec pour seul partenaire l’État.

Wilmar, dont la première incursion en Afrique remonte au début des années 2000 avec un partenariat dans l’huile de palme avec le kényan Bidco en Ouganda, exploite désormais des plantations et des usines d’huile de palme au Nigeria et au Ghana, en partenariat avec Sifca. Présent sur d’autres secteurs, notamment en Éthiopie, il est également entré à hauteur de 27,5 % en 2013 au capital du sucrier marocain Cosumar, seul industriel local sur ce marché.

Dans une interview au Financial Times en 2012, son président Kuok Khoon Hong, qui promettait d’investir des centaines de millions de dollars sur le continent, déclarait toutefois que l’huile de palme restait son « principal objectif en Afrique ». Il lorgne notamment le gigantesque potentiel du Nigeria.