RDC : le secteur bancaire reste faible

À l’agence de la Biac à la Gombe (Kinshasa), des clients, craignant la faillite, viennent retirer leurs dépôts, le 14 avril 2016. © John Bompengo pour JA

Si le nombre de comptes est passé d’environ 50 000 à 6 millions entre 2000 et 2016, répartis entre 18 banques commerciales, le total du bilan de ces établissements reste insignifiant (5 milliards de dollars) pour un pays de plus de 70 millions d’habitants.

Quant au taux de bancarisation, il est nettement en deçà de la moyenne d’Afrique subsaharienne, qui se situe à 25 %. La marge de progression est donc considérable pour les banques opérant en RD Congo. Le secteur souffre d’une fragilité chronique qui a conduit deux établissements (la Biac et la Fibank) à mettre la clé sous la porte. Le passage, en 2015, du nombre de provinces de 11 à 26 n’a rien arrangé.

Certaines entités issues de ce découpage administratif n’accueillent aucune agence bancaire, faute de dynamisme économique. Dans leur stratégie d’implantation, les banques privilégient les régions minières, les grandes villes et une poignée de centres urbains dans l’est du pays.

Elles misent par ailleurs sur la dématérialisation et sur des services accessibles grâce au téléphone portable, dont l’usage ne cesse de gagner du terrain dans l’ensemble du territoire.

Curieusement, les Congolais sont absents de l’actionnariat des banques présentes en RDC

Curieusement, les Congolais sont absents de l’actionnariat des banques présentes en RDC (Augustin Dokolo Sanu, actionnaire majoritaire de la Banque de Kinshasa dans les années 1970, reste un cas à part), et les trois plus grandes en matière de bilan sont détenues par des étrangers : Rawbank (famille Rawji), Banque commerciale du Congo (groupe Forrest), Trust Merchant Bank (Robert Levy).

Toutefois, la montée en puissance des grandes banques régionales panafricaines (Ecobank, Bank of Africa) risque à moyen terme de bousculer cette hiérarchie.