Urbanisme : qui est Christian Bin Issa, le créateur de Congo Check ?

Christian Bin Issa, directeur de Congo check. © Muriel Devey Malu-Malu pour JA

En 2016, son entreprise a décroché le marché de la numérisation du cadastre à Kinshasa. « Elle permettra d’établir la première base de données nationale sur la propriété en RD Congo, en sécurisant les titres fonciers », explique Christian Bin Issa.

Grâce à ce contrat, signé avec le ministère congolais des Affaires foncières et le gouvernorat de Kinshasa, il a pu investir dans son pays natal, où il a grandi avant de s’installer au Royaume-Uni, où il a suivi des études en finances à la London Metropolitan University.

C’est cependant en Angola qu’il a lancé ses activités. « En 2006, je suis allé rendre visite à un ami entrepreneur à Luanda. J’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de possibilités dans le pays. Je m’y suis donc installé », raconte-t-il.

Trois ans plus tard naît Angola Integrated Services (AIS), un partenariat entre Emmanuel Tontoli, un ingénieur angolais, et Christian Bin Issa, qui en est le directeur chargé des finances et du développement.

Un investissement de départ de 500 000 dollars

AIS commence ses activités dans l’approvisionnement des compagnies pétrolières en matériels de forage et de construction de puits, avec un investissement de départ de 500 000 dollars. Très rapidement, « l’entreprise a bénéficié de la politique de local content [“contenu local”] mise en œuvre par les autorités angolaises en vue de promouvoir l’entrepreneuriat national », reconnaît l’homme d’affaires. En 2011, la PME se diversifie dans la gestion des services techniques, notamment dans l’ultra-profond.

« Nous intervenons au stade du forage et de la complétion. Nous procédons à l’installation des équipements et du matériel, à leur mise en service et à leur inspection », précise-t-il.

Des clients poids lourds

Parmi les clients de la société figurent des poids lourds du secteur pétrolier tels ExxonMobil, Cobalt Angola, Sonangol, Maersk Oil ou encore Chevron. Plus récemment, AIS est monté d’un cran en se lançant dans la construction (en cours) d’une usine de fabrication de produits chimiques pour les forages et la complétion. Un projet qui « permettra de créer une véritable industrie pétrolière », se réjouit le patron d’AIS.

Nous devons oser. Nous manquons de rêves, déplore-t-il. Tout paraît toujours impossible… Jusqu’à ce que l’un d’entre nous le fasse!

La diversification de la société s’est poursuivie avec la création de Congo Check à Kinshasa, le développement de projets en Zambie dans la filière cuivre et cobalt, ainsi qu’à Maurice, dans la haute finance.

Hors du continent, AIS compte aussi investir aux États-Unis, dans l’exploration-production pétrolière du golfe du Mexique. Christian Bin Issa fait donc preuve d’un bel esprit d’entreprise, qu’il voudrait voir se développer chez les Africains. « Nous devons oser. Nous manquons de rêves, déplore-t-il. Tout paraît toujours impossible… Jusqu’à ce que l’un d’entre nous le fasse ! »