Tunisie : la grève de la faim de Radhia Nasraoui suscite critiques et louanges

Nadhia Nasraoui © Nadhia Nasraoui by Wikipedia

L’avocate tunisienne a entamé une grève de la faim le 11 juillet pour protester contre le changement de mode de protection dont bénéficie son mari.

Flash-back. Le 14 janvier 2011, elle exigeait à cor et à cri devant les portes du ministère tunisien de l’Intérieur la libération de son mari, le leader communiste Hamma Hammami, retenu depuis deux jours alors que la révolution bat son plein.

Ce 11 juillet, l’avocate Radhia Nasraoui, cofondatrice et présidente de l’Association de lutte contre la torture, a entamé une grève de la faim pour protester contre le changement de mode de protection accordé à son époux, secrétaire général du Parti des travailleurs (PT) et porte-parole du Front populaire (FP).

« C’est une manière de lui mettre la pression, de lui signifier qu’il dérange. »

« Depuis l’assassinat de Chokri Belaïd en février 2013, explique-t‑elle, il était protégé par la garde présidentielle. Mais, début juillet, on l’a informé que sa sécurité serait désormais assurée par le ministère de l’Intérieur. En réalité, il n’est plus surveillé correctement. »

Il est vrai que, depuis les assassinats de Belaïd et de Mohamed Brahmi en juillet 2013, les défis sécuritaires ont changé. Mais Nasraoui veut placer l’affaire sur le terrain politique : « C’est une manière de lui mettre la pression, de lui signifier qu’il dérange. »

Une initiative critiquée

Si la gauche tunisienne et des militants associatifs soutiennent cette figure de la société civile qui, bien que combative, ne s’est jamais encartée dans aucun parti, son action fait aussi l’objet de critiques. Certains la trouvent déplacée, ou excessive.

Un journaliste de gauche se demande même si cette grève de la faim n’est pas un moyen pour le couple de faire parler de lui, Hammami étant en perte de vitesse. « C’est ridicule de penser cela. Si le duo Hammami-Nasraoui suscite ce genre de réactions, c’est justement parce qu’il est efficace », réplique Cherif Khraifi, militant du PT.

Symbole de l’émancipation des femmes

Le dévouement de l’avocate pour son mari – lui ne travaillant pas, elle est le soutien de famille – est perçu par beaucoup de femmes comme un beau combat. « Le régime de Ben Ali a réprimé durement les hommes, et du coup les femmes se sont organisées, se sont battues et se sont exposées pour eux.

Une vraie émancipation par ricochet, dont elle est un symbole », souligne Fatiha Hizem, militante de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD).

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