Madagascar : Marc Ravalomanana sur la ligne de départ pour la présidentielle de 2018

Marc Ravalomanana © Mogens Engelund/CC/wikimedia commons

La célébration du 15e anniversaire du parti de l’ancien président malgache, le 8 juillet, à près d’un an du prochain scrutin, ressemblait à s’y méprendre à un lancement de campagne électorale.

Le 8 juillet, Tiako i Madagasikara (TIM, « j’aime Madagascar », en malgache), le parti de l’ancien président Marc Ravalomanana, célébrait ses quinze ans d’existence. Initialement autorisé par la préfecture de police, le meeting prévu au stade Mahamasina, en plein centre de la capitale, a finalement été interdit de crainte d’une possible atteinte à la sûreté de l’État.

Mais pas question, pour le patron du TIM, d’annuler un événement synonyme de rentrée politique et susceptible de mettre, une nouvelle fois, les autorités en difficulté. C’est donc depuis l’hôtel Carlton que Marc Ravalomanana s’est adressé à ses sympathisants, qui se sont déplacés par milliers – même si leur nombre est resté bien inférieur aux 40 000 personnes annoncées quelques jours plus tôt par les caciques du parti. A suivi une marche du centre de la capitale à la résidence de l’ancien président, à Faravohitra.

Rupture avec le président Rajaonarimampianina

À défaut d’une véritable démonstration de force, celui qui se revendique, ces derniers mois, comme le premier opposant du président Hery Rajaonarimampianina, a placé les pouvoirs publics devant leurs propres contradictions.

L’ex-président a donc entamé son retour au premier plan. Objectif : apparaître à nouveau comme l’un des principaux hommes forts de la scène politique malgache avec son meilleur ennemi, Andry Rajoelina, dont personne ne doute qu’il sera lui aussi candidat.

Et, depuis ces derniers mois, il ne cache même plus ses ambitions présidentielles. Il a en effet profité du renvoi, lors du remaniement ministériel du 20 avril, du dernier ministre estampillé TIM pour rompre avec le président Rajaonarimampianina, même si la vingtaine de députés de sa formation siège toujours aux côtés des élus du parti de la majorité, le HVM.

Marc attend de voir comment le vent va tourner pour se positionner

« Marc sait très bien jouer sur les faiblesses du pouvoir actuel et il attend de voir comment le vent va tourner pour se positionner », explique un membre de l’opposition, agacé par ce double jeu.

Comme si Marc Ravalomanana suivait un plan établi depuis son retour d’exil en Afrique du Sud, en 2014 – de sa reprise en main du TIM l’année suivante jusqu’à l’offensive de ces derniers mois, qui doit lui permettre de retrouver les ors du palais d’Iavohola, s’il est réélu en décembre 2018, pour ses 69 ans.

L’affaire Tiko pèsera-t-elle ?

Pour cela, l’ancien maire d’Antananarivo peut compter sur sa (relative) popularité au sein de la petite bourgeoisie commerçante de la capitale, dont Lalao, son épouse, occupe l’hôtel de ville depuis octobre 2015. Plombée par un bilan très mitigé, elle pourrait néanmoins constituer un handicap dans la course au pouvoir de son mari.

Ce dernier semble toujours conserver le soutien d’une petite partie des milieux économiques malgaches, en dépit des nombreuses affaires qui ont émaillé son septennat, de 2002 à 2009, quand le président confondait les caisses de l’État avec celles de Tiko, l’empire qu’il s’était taillé dans le secteur de l’agroalimentaire.Toujours interdite d’activité – bien que ses produits, eux, aient réapparu sur les étals malgaches en 2016 –, la société doit encore 100 millions de dollars (83 millions d’euros) au fisc malgache.

Une affaire qui pourrait bien plomber les espoirs présidentiels de Marc Ravalomanana, également accusé de détournement d’argent public dans l’exercice de ses fonctions, et déjà condamné aux travaux forcés à perpétuité pour la mort le 7 février 2009 d’une trentaine de partisans d’Andry Rajoelina devant le palais présidentiel.

Ce que les ministres rappellent volontiers à chacune de leurs interventions télévisées. Comme pour mettre en garde le futur candidat potentiel…

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