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Côte d’Ivoire : comment Abidjan s’est préparé à accueillir les Jeux de la francophonie

Bâtiments de logements au village des Jeux de la Francophonie. © olivier pour JA

Le pays doit accueillir plus de 4 000 athlètes et artistes pour les VIIIes Jeux de la francophonie, du 21 au 30 juillet. À quelques jours de leur ouverture, la capitale économique est fin prête.

Au parc des sports de Treich­ville, la salle polyvalente de tennis trône à côté d’un terrain de football au gazon bien taillé. Cette nouvelle infrastructure, démontable, symbolise la volonté des Ivoiriens de faire des VIIIes Jeux de la francophonie une réussite. Le président Alassane Ouattara se montre confiant. « Nous nous employons, dit-il, à garantir les meilleures conditions de séjour en terre ivoirienne à tous ces athlètes et artistes venus d’horizons si divers et, ainsi, leur permettre de faire l’expérience de l’excellence, de la diversité et de la solidarité. »

Pour que l’événement soit un succès, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) s’appuie sur deux ­structures : le Comité international des Jeux de la francophonie (CIJF) et le Comité national des Jeux de la francophonie (CNJF). Le premier supervise les actions du second. Mis en place après l’élection de la Côte d’Ivoire en tant que pays hôte, en mars 2013, par le Conseil permanent de la francophonie et appelé à être dissous avant la fin de l’année, le CNJF se charge de l’accueil des athlètes et invités et de l’organisation pratique des Jeux.

Le coût de construction du village s’élève à 12,5 milliards de F CFA, entièrement financés par le budget de la Côte d’Ivoire

Au cœur du dispositif : le village Akwaba (« bienvenue », en baoulé). Étendu sur une superficie de 2,5 ha au sein de l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS), à Marcory, avec vue sur la lagune, il va accueillir dans des appartements flambant neufs les compétiteurs et leurs accompagnateurs, répartis dans une trentaine de petits bâtiments.

Le coût de construction du village s’élève à 12,5 milliards de F CFA (plus de 19 millions d’euros), entièrement financés par le budget de la Côte d’Ivoire. Le marché a été raflé par le groupe de BTP ivoirien Snedai-Getran de l’homme d’affaires Adama Bictogo.

Un investissement pour l’avenir

En profitant des Jeux, Abidjan pense à l’avenir. « La question du legs est importante, souligne Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie. Legs en infrastructures, en espaces pour la culture et le sport, mais aussi pour l’innovation. La Côte d’Ivoire disposera de l’un des plus extraordinaires dispositifs de la sous-région et du Sahel en la matière. »

Articulés autour d’un ensemble d’événements sportifs et culturels, les Jeux d’Abidjan comporteront neuf compétitions sportives (notamment athlétisme, football, judo, lutte africaine, handisport), dont quatre exclusivement réservées aux moins de 20 ans, et douze concours culturels, allant du spectacle de rue (hip-hop, jonglerie, marionnettes, etc.) aux arts plastiques, en passant par ceux de la scène (chanson, danse), auxquels s’ajoutent une compétition de création écologique et une autre de création numérique.

Trois communes d’Abidjan vont accueillir les rencontres et spectacles. Le Plateau, qui abrite le stade Félix-Houphouët-Boigny – entièrement rénové –, sera l’hôte de la finale de football, des compétitions d’athlétisme, mais aussi des cérémonies d’ouverture et de clôture.

Toujours au Plateau, l’Institut français, le Musée des civilisations et la Bibliothèque nationale ont été réhabilités et modernisés ; ils recevront les concours de création écologique, numérique et les arts plastiques.

Le stade de l’INJS et le stade Robert-Champroux de Marcory abriteront certaines phases éliminatoires de compétitions sportives, à l’instar du parc des sports de Treichville.

Cette commune hébergera les concours culturels dans le palais de la Culture, dont sa belle salle Anoumabo (un théâtre à toit ouvrant avec vue sur la lagune). Les spectacles et compétitions relatifs aux arts de la rue se dérouleront à l’espace culturel du Canal aux bois, également à Treichville.

Qui paie ?

L’organisation de ces Jeux est estimée à 7,5 milliards de F CFA (près de 11,5 millions d’euros). Qui règle la note ? « Tout le coût est supporté par cinq principaux postes budgétaires », indique l’un des organisateurs.

La contribution attendue des États membres et participants s’élève à 3,5 milliards de F CFA. Le reste du budget est supporté par les partenaires, les droits d’inscription, la billetterie et les dons.

Quid de la participation des athlètes ivoiriens à ces Jeux ? « Le peuple ivoirien aurait du mal à comprendre que nous organisions les Jeux et que nous ne glanions pas de médailles », prévient François-Albert Amichia, ministre des Sports et des Loisirs et maire de Treichville.

Quatre ans plus tôt à Nice (France), la Côte d’Ivoire avait été sacrée championne des Jeux de la francophonie dans deux disciplines : marionnettes géantes et basket féminin. En 2017, le pays compte faire mieux.


Farô superstar

La mascotte des VIIIes Jeux de la francophonie est bien sûr un éléphant, emblème du pays. Cet avenant petit pachyderme porte les couleurs nationales et se nomme Fâro, ce qui signifie « malin », « faire le malin », « vanter ses exploits », en malinké et serait tiré du français « fanfaronnade ». Ce mot est aussi très utilisé en argot nouchi par la jeunesse urbaine ivoirienne, parfois même doublé (« faro faro »), avec toujours le sens de parader, se faire remarquer (par l’élégance), voire de faire la fête.

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