Sur les rails de l’histoire, le récit d’une jeune femme en quête d’identité

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Un récit écrit par Stéphanie Braquehais, journaliste qui vit à Nairobi, au Kenya. L'auteure décline le périple sur trois générations depuis les années 1920.

Encore une jeune femme en quête d’identité, sur la trace de ses ancêtres, anciens colons entourés d’un halo de non-dits. Mais le long de la ligne de chemin de fer franco-éthiopien reliant Djibouti à Addis-Abeba, en passant par la francophone Diré-Daoua, le voyage n’est jamais monotone.

Journaliste établie à Nairobi, Stéphanie Braquehais décline le périple sur trois générations. Années 1920 et 1930 : Henri, le mystérieux arrière-grand-père, grand admirateur du maréchal Lyautey et contemporain de Hailé Sélassié, le dernier empereur d’Éthiopie, supervise ce chantier ferroviaire colossal en tant que directeur de la Compagnie du chemin de fer.

La journaliste, ou son héroïne, tente ainsi de remonter le cours de la petite histoire et de la grande

Maurice, son fils cadet, en proie à tous les fantasmes de l’enfance, grandit entre une mère malheureuse comme une pierre sous le soleil ardent de Djibouti et ces mystérieux « boys », « témoins silencieux de [leurs] vies alors que [lui et les siens n’ont] aucune idée de la leur ».

Années 2010 : Emma, l’arrière-petite-fille, tente de faire la lumière sur tout un siècle de secrets de famille, progressant le long de ce chemin de fer aussi mythique que vétuste. Hier fleuron de la France coloniale, fierté et véritable casse-tête pour Henri, il se mue aujourd’hui en vieux souvenir balayé par les promesses de la nouvelle ligne électrifiée, construite par les Chinois.

Pour documenter le parcours d’Emma, Stéphanie Braquehais est elle-même partie sur cette ligne, en quête des derniers vestiges et témoignages de la période coloniale. La journaliste, ou son héroïne, tente ainsi de remonter le cours de la petite histoire et de la grande. Mais n’est-ce pas « trop facile de juger du haut d’un siècle plus tard » ?