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"Cet article est issu du dossier" «Que veulent les Ivoiriens ?»

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Restaurant Saakan à Abidjan : le meilleur de l’Afrique sur le Plateau

Vue d'ensemble sur le quartier d'affaires du Plateau à Abidjan. © Philippe Guionie/Myop pour J.A.

Situé dans le quartier des affaires, le Saakan a été élu meilleur restaurant 2017 d’Abidjan. Aux fourneaux, Christelle Vougo ; en salle, son époux, Frank Anet. Visite guidée.

«Y a pas photo, le Saakan est l’un des meilleurs restaurants des 22 pays africains que j’ai visités. » En un tweet, Tidjane Deme, ex-responsable de Google dans les pays francophones, a résumé, fin avril, l’engouement suscité depuis quelques mois par le travail de la chef ivoirienne Christelle Vougo. Installé au Plateau, le quartier des affaires de la capitale économique, le Saakan a d’ailleurs reçu en mars les honneurs de la critique en obtenant trois récompenses lors de la première édition des Abidjan Restaurant Awards, dont celle du meilleur établissement.

Quelques VIP ont aussi succombé à sa cuisine, parmi lesquelles le footballeur Didier Drogba, la première dame Dominique Ouattara, l’ambassadeur de France Georges Serre, le musicien et spécialiste du coupé-décalé Serge Beynaud ou encore la blogueuse Aïda Marguerite Bamba (alias Serial Foodie), entre autres.

Une cuisine africaine revisitée

Dans un décor chic et sobre, la dynamique quadra propose une gastronomie moderne et généreuse qui réinterprète des plats traditionnels africains, auxquels elle ajoute ici et là des saveurs asiatiques rapportées de ses nombreux voyages.

C’est, par exemple, le cas des oignons mi-cuits que la chef Vougo concocte en guise de mise en bouche. Les cuisines thaïlandaise, japonaise et chinoise constituent des sources d’inspiration pour celle qui avoue tout de même placer un bon riz en sauce (ouest-africaine) tout en haut de son panthéon culinaire. « J’aime profondément les plats africains ! C’est pour ça que j’ai tant de plaisir à les revisiter », confie-t‑elle.

La carte du Saakan propose également un millefeuille d’igname et de thon, une aubergine poêlée aux écrevisses, un choukouya de langouste et de gambas, un filet de bœuf accompagné d’une purée de patates douces, d’un ragoût de champignons et d’une sauce au chocolat épicée… Des entrées et des plats vendus entre 6 000 et 20 000 F CFA (entre 9,15 et 30,50 euros). Les recettes de Christelle Vougo font mouche.

Une histoire d’amour avant tout

Mais la réussite du Saakan est avant tout une histoire partagée avec son mari, Frank Anet. Elle au piano et lui en salle. Son époux est aussi le premier à tester les créations de la chef avant qu’elles soient inscrites au menu.

Les deux complices se sont rencontrés à Atlanta, aux États-Unis, où Christelle Vigo s’était expatriée après son cursus secondaire pour suivre des études en comptabilité.

Son diplôme obtenu à la Georgia State University, elle a commencé à travailler dans la restauration. « Frank est venu chercher un emploi dans l’établissement où je travaillais, raconte-t‑elle. Et depuis, nous ne nous sommes plus quittés ! »

En 2010, les époux prennent la décision de rentrer à Abidjan, où le père de Frank tient déjà un restaurant. « Nous sommes arrivés sans savoir ce qui se tramait », se souvient Christelle Vougo.

On nous a catalogués comme des spécialistes des hamburgers, nous avons donc voulu montrer que nous pouvions faire autre chose », sourit-elle.

La crise post­électorale à peine terminée, le couple ouvre en 2011 dans le quartier des Deux-Plateaux-Vallon son premier établissement, le Norima, spécialisé dans la cuisine américaine.

Le succès est tout de suite au rendez-vous et incite le tandem à voir plus grand. « On nous a catalogués comme des spécialistes des hamburgers, nous avons donc voulu montrer que nous pouvions faire autre chose », sourit-elle.

Des influences mondiales

Cheveux tressés, chemise à carreaux et longue jupe noire, Christelle Vougo ne ressemble pas à la working girl de Wall Street. Elle n’en est pas moins une femme d’affaires assumée. En plus du Norima et du Saakan (ouvert en 2012), elle a créé, toujours avec son époux, un service traiteur, Zanda, ainsi qu’un troisième établissement inauguré en juin 2016, également installé au Plateau : le Mondial.

« C’est un lieu où je peux laisser libre cours à toutes mes envies. Les plats peuvent être européens, asiatiques, américains… Tout est possible ! » jubile-t‑elle.

« Dans cette équation, il n’y a pas de bras long, juste du travail », insiste Christelle Vougo. Pour les prochains mois, le couple Vougo-Anet ne manque pas de projets. Le Norima est en cours d’agrandissement pour passer de 50 à 100 couverts.

« Nous allons aussi apporter du sang neuf à la carte », dit-elle pleine d’enthousiasme. Quant au Saakan, également à l’étroit, il devrait déménager pour faire évoluer son concept et proposer une salle ouverte sur l’extérieur.

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