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En 2018, l’aide américaine pour l’Afrique sera surtout consacrée à la sécurité

Par Jeune Afrique

Ismaïl Omar Guelleh, le président djiboutien, reçoit James Mattis, le 23 avril. © Jonathan Ernst/Getty Images

Si les propositions budgétaires de l’administration Trump pour l’année fiscale 2018 sont adoptées par le Congrès, l’enveloppe de l’aide américaine à l’Afrique subsaharienne devrait chuter de 8 à 5,2 milliards de dollars, dont une partie ira renforcer les programmes d’assistance militaire.

Principales victimes de ce tour de vis brutal : la lutte contre le sida, les subventions accordées aux think tanks qui travaillent sur l’Afrique, les programmes de formation destinés à la société civile et… le budget de fonctionnement des ambassades américaines sur le continent. Signe du peu d’intérêt de Washington, ni le poste de secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique ni celui de directeur des Affaires africaines au Conseil de sécurité nationale ne sont encore pourvus.

Pour Donald Trump, qui a décidé de revenir sur la plupart des engagements africains de Barack Obama (droits de l’homme, croissance, santé, électrification…), l’aspect sécuritaire est la priorité absolue. Les seuls hauts responsables américains à s’être rendus au sud du Sahara depuis son élection sont donc des généraux : James Mattis (secrétaire à la Défense), Daniel Allyn (vice-chef d’état-major de l’armée américaine), Thomas Waldhauser (commandant en chef de l’Africom). En mai, le Pentagone a dépensé 1,5 million de dollars pour organiser un sommet de généraux africains (pour l’essentiel anglophones) à Mua Mission, au Malawi.


Suite à la publication de cet article, le directeur du bureau des affaires publiques d’Africom, le colonel Mark R. Cheadle, nous a fait parvenir cette précision : 

« Votre article contient des informations incorrectes, en particulier la phrase suivante: “Les seuls hauts responsables américains à s’être rendus au sud du Sahara depuis son élection sont donc des généraux”.

Les activités du Département de la Défense des États-Unis – y inclue celles menées par le Commandement des États-Unis pour l’Afrique – sur l’ensemble du continent africain ne constituent qu’une facette de l’effort globale du gouvernement des États-Unis pour appuyer nos partenaires africains.

A ce titre, voici quelques exemples de visites officielles en Afrique menées par des dirigeants autres que ceux du Département de la Défense des États-Unis :

• le conseiller de l’USAID Thomas Staal a visité l’Ethiopie, le Kenya, et le Sudan du Sud en avril 2017
• l’administrateur adjoint par intérim pour la démocratie, les conflits et l’assistance humanitaire de l’USAID, Gregory C. Gottlieb, a visité plusieurs pays d’Afrique de l’Est en avril 2017
• le Secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, Tom Price, a visité le Liberia en mai 2017
• la vice- Secrétaire d’État adjointe du Département d’État des États-Unis, Carol O’Connell, a visité le Zimbabwe et l’Afrique du Sud en juin 2017 »