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Tourisme : premières classes au Niger

L’établissement accueille 124 élèves, dont 23 filles. © François-Xavier Freland pour JA

Ouvert en 2015, le LPHT est le seul lycée du pays consacré à l’hôtellerie. Avec l’accent sur l’accueil, la discipline, la politesse… et les langues.

Trois bâtiments en U se font face sur un terrain vague à la périphérie d’Agadez. Dans la cour discutent quelques écoliers en uniforme, chemise blanche sur pantalon noir. Dans l’une des classes, au mobilier tout neuf, d’autres élèves font leurs devoirs.

Le Lycée professionnel de l’hôtellerie et du tourisme (LPHT) a ouvert en 2015, et il est en pleine restructuration.

L’aide de la Banque mondiale

La Banque mondiale devrait injecter 800 millions de F CFA (1,2 million d’euros) afin de moderniser les équipements et améliorer le niveau de formation, en recrutant notamment des professeurs venus de l’étranger, principalement du Maghreb.

« Beaucoup de professionnels se plaignent encore du manque de personnel qualifié. Il est vrai que nos lycéens ont des lacunes dans le domaine des langues. Nous allons améliorer tout ça », confirme Mme Abderamine, formatrice, titulaire d’un BTS de technique hôtelière obtenu à Alger.

Le lycée accueille 124 élèves répartis dans 6 classes, dont 23 filles venues des quatre coins du pays, principalement de Niamey, Zinder et Maradi. Tafarisa Mohamed, 19 ans, est originaire d’Arlit. « Je suis touareg, fils de bijoutier. Ici, on met l’accent sur l’accueil, la discipline, la politesse. On étudie un peu l’anglais, l’arabe, et l’année prochaine nous aurons des cours d’espagnol. »

Un lycée unique en son genre

L’idée d’un lycée entièrement consacré à l’hôtellerie, le seul au Niger, a été lancée par un cabinet d’études tunisien à partir d’un constat simple : Agadez, ville charnière entre le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest, située aux portes du Ténéré, avec son centre historique, offre d’excellentes perspectives en matière de tourisme.

Dès la rentrée prochaine, un centre d’information en ligne doit voir le jour.

Et pour faire face aux décrochages, qui inquiètent Ilias Ajouel, le proviseur – « nous avons des problèmes d’abandon et d’assiduité, car certains élèves viennent de loin et ont du mal à se loger » –, deux dortoirs sont en construction. Malgré la crise sécuritaire, le Niger semble bien décidé à croire en son destin.