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Quels responsables africains ont déjà été visés par des sanctions européennes ?

Bruxelles a pris des sanctions à l'encontre de plusieurs dignitaires du régime de Ben Ali. © HASSENE DRIDI/AP/SIPA

Il n’est pas courant de voir l’Union européenne (UE) adopter des sanctions individuelles contre des responsables politiques africains en fonction.

Bruxelles le fit à l’encontre de plusieurs dignitaires des régimes de Zine el-Abidine Ben Ali, en Tunisie, de Hosni Moubarak, en Égypte, ou de Moussa Dadis Camara, en Guinée. Mais ce fut au lendemain de leur chute, pour éviter qu’ils ne jouissent de leurs avoirs.

Au Burundi, 4 responsables visés

Au Burundi, de telles sanctions ont bien été prononcées après la réélection contestée du président burundais, Pierre Nkurunziza, en 2015. Mais elles n’ont touché que trois responsables des services de sécurité du régime, ainsi que l’un des auteurs de la tentative de putsch de mai 2015. Les leaders politiques ont été épargnés dans la mesure où ils voyagent rarement sur le Vieux Continent et n’y détiennent que peu d’avoirs.

À de rares occasions, les Européens ont toutefois eu recours à cette option pour tenter de mettre sur la touche un président jugé illégitime. C’est ainsi qu’en février 2011 l’UE avait sanctionné vingt-six hauts responsables de la Jamahiriya libyenne, dont Mouammar Kadhafi lui-même. Mais il aura fallu six mois et une intervention militaire internationale pour que celui-ci chute.

La RDC, un cas proche du Zimbabwe

À ce jour, le cas de figure le plus proche de la RD Congo demeure sans doute le Zimbabwe. En février 2002, un mois avant les élections, Robert Mugabe et son entourage avaient ainsi fait l’objet de sanctions, ce qui n’avait pas empêché l’inamovible président d’être réélu et de se maintenir durablement au pouvoir, notamment grâce à la solidarité de l’Afrique du Sud.

Après une période de cohabitation avec Morgan Tsvangirai, Robert Mugabe devait être réélu en 2013, dans des conditions moins contestées. Les sanctions individuelles ont fini par être levées l’année suivante, à l’exception de celles pesant sur Mugabe et son épouse, Grace.