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Algérie : grandeur et déchéance des collaborateurs du président Bouteflika

Proche du cercle présidentiel algérien, Amar Saadani, ancien secrétaire général du FLN, n'hésitait pas à tirer sur tous ceux que le régime voulait écarter. © Sidali Djarboud/AP/SIPA

Au pouvoir depuis 1999, le chef de l'État algérien s'est constamment séparé des hommes sur lesquels il s’appuie pour gouverner. Le Premier ministre Abdelmalek Sellal et le président du FLN, Amar Saadani, n'ont pas dérogé à la règle.

«Bouteflika n’a pas d’amis, il a des affidés. Quand il n’en a plus besoin, il s’en débarrasse », dixit un opposant.

Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, le chef de l’État s’est constamment séparé des hommes sur lesquels il s’appuie pour gouverner. À preuve, le dernier remaniement en date, opéré en mai. Directeur de campagne du candidat Bouteflika pour la présidentielle de 2014 (ainsi qu’en 2004 et en 2009), le Premier ministre Abdelmalek Sellal a été remercié sans explication, alors qu’il croyait pouvoir rester encore quelques mois au palais du gouvernement.

Pendant un temps, ce proche de Saïd Bouteflika passait pour être le numéro deux du gouvernement, voire un éventuel remplaçant de Sellal

Le chef de l’État ne l’a même pas reçu pour l’informer de sa décision. Abdeslam Bouchouareb a fait les frais de la même purge. Directeur de la communication du candidat Bouteflika en 2014, il en a été récompensé en héritant du ministère de l’Industrie et des Mines.

Mise à l’écart

Pendant un temps, ce proche de Saïd Bouteflika passait pour être le numéro deux du gouvernement, voire un éventuel remplaçant de Sellal. La publication, en avril 2016, dans le quotidien Le Monde, d’un article sur sa société offshore, dans le cadre de l’enquête sur les Panama Papers, a sans doute sonné le glas de sa carrière. L’entourage présidentiel lui en a voulu au point de considérer cette affaire comme une trahison.

Le cas d’Amar Saadani, un des principaux acteurs du quatrième mandat, est encore plus éloquent. Porté à la tête du FLN en août 2013 contre l’avis du chef des services secrets, il a été « mandaté » pour mener des attaques d’une rare violence contre ce dernier et son département, soupçonnés de comploter contre le président, sa famille et ses amis.

Une fois Toufik écarté et le DRS restructuré, Saadani a été lâché sans ménagement

Sa proximité avec le cercle présidentiel était telle que Saadani passait pour être le porte-parole d’El-Mouradia.

Une fois Toufik écarté et le DRS restructuré, Saadani a été lâché sans ménagement. D’autres ministres qu’on pensait indéboulonnables et qui étaient très proches du chef de l’État ont été sèchement remerciés au cours des trois derniers mandats présidentiels, notamment ceux qu’on appelait les « Bouteflika boys » : Yazid Zerhouni, Abdelhamid Temmar, Abdellatif Benachenhou, Chakib Khelil, ou encore Amar Tou. F.A.

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