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Qui est Ahlem Gharbi, la nouvelle conseillère pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à l’Élysée ?

Ahlem Gharbi en 2011 au Caire pendant la révolution égyptienne. © Capture d'écran/Youtube/Ministère des Affaires étrangères

Ahlem Gharbi, la nouvelle conseillère pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à l’Élysée présente un double profil : diplomatique et militant.

Coupe à la garçonne et démarche assurée, Ahlem Gharbi, 40 ans, franchit avec Emmanuel Macron la porte de Dar Diafa, la résidence mauresque de la place El Méchouar, à Rabat, où le président français va s’entretenir avec les journalistes à l’issue de sa rencontre avec Mohammed VI, le 14 juin.

La jeune femme s’installe au fond de la salle mais ne perd pas une miette des propos échangés. Pendant tout le voyage présidentiel – le premier dans un pays arabe –, la nouvelle conseillère pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient restera ainsi en retrait, évitant soigneusement de parler aux journalistes.

Des études brillantes

La Franco-Tunisienne connaît pourtant son affaire sur le bout des doigts. Son parcours universitaire est d’un parfait classicisme : hypokhâgne, khâgne, licence d’histoire à l’université Marc-Bloch (Strasbourg), licence d’arabe à la Sorbonne…

Elle intègre le ministère des Affaires étrangères et se spécialise dans le monde arabo-musulman

En 2001, elle soutient un DEA à Sciences-Po sous la direction de l’islamologue Gilles Kepel.

Elle intègre le ministère des Affaires étrangères et se spécialise dans le monde arabo-musulman. En 2004, elle est responsable Afrique du Nord - Moyen-Orient dans le service des paffaires immobilières. Trois ans plus tard, elle est nommée rédactrice et s’occupe plus spécialement de l’Arabie saoudite, du Bahreïn, d’Oman et du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Le raz de marée de 2011

Jusque-là, sa carrière s’apparente à celle d’une chercheuse. Mais, en 2009, elle est nommée deuxième secrétaire à l’ambassade de France en Égypte, où elle restera cinq ans. En 2011, Hosni Moubarak est renversé, la place Al-Tahrir devient le symbole de la révolution.

Chargée de la politique intérieure et des droits de l’homme, Gharbi suit les événements de près, rencontre des blogueurs, des militants des partis de gauche, des défenseurs des droits de l’homme. Bref, la diplomate s’engage.

En juin 2012, on la voit, dans une vidéo diffusée sur YouTube, sur un balcon surplombant la place Al-Tahrir envahie par des dizaines de milliers d’opposants au régime

En juin 2012, on la voit, dans une vidéo diffusée sur YouTube, sur un balcon surplombant la place Al-Tahrir envahie par des dizaines de milliers d’opposants au régime. Le regard pétillant, elle s’extasie devant cet « extraordinaire raz de marée ». Face à la caméra, elle poursuit : « Regardez cette foule, nous vivons un moment exaltant. Il faut venir place Al-Tahrir pour comprendre ça. On se sent dans l’Histoire ! »

Retour sur terre

En 2013, elle est nommée conseillère à la représentation permanente de la France aux Nations unies, à New York. Son job ? Les affaires humanitaires. Deux ans plus tard, elle rejoint le groupe pétrolier Total en tant que directrice déléguée pour les affaires internationales. Elle est plus spécialement chargée de l’Afrique et du Moyen-Orient.

À l’Élysée, de nombreux dossiers attendent Ahlem Gharbi. Le plus récent ? La crise entre l’Arabie saoudite et le Qatar, dans laquelle Emmanuel Macron entend jouer les médiateurs.

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