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À 18 ans, Ali Bongo Ondimba enregistre un album de funk

Ali Bongo, le 7 juillet 1977. © SIPA

« You make me feel like a brand new man », entonne une voix de baryton. Ali Bongo Ondimba n’a que 18 ans et se rêve en star du funk plutôt qu’en président du Gabon.

Dans A Brand New Man, l’album qu’il enregistre en 1977 – dont on peut encore écouter quelques titres sur internet –, les guitares basses et les batteries sont syncopées, les cuivres prédominants… Tout rappelle un peu James Brown. Normal, le fils du président s’est entouré de musiciens qui ont accompagné la star américaine, parmi lesquels Fred Wesley, et a fait appel à son manager Charles Bobbit. À cette époque, le futur chef de l’État est déjà converti à l’islam, mais il signe l’opus Alain Bongo, reprenant son prénom de naissance.

Un studio d’enregistrement au Palais

Si à l’aube de la trentaine, Ali Bongo sera nommé au cabinet du président, avant d’entrer au gouvernement puis de présider le pays, il n’abandonnera pas sa passion pour le funk, la soul et le rhythm and blues. Les plaisirs de la scène ne lui étant plus accessibles, il se reconvertira en compositeur prolifique.

Lorsqu’il prend possession du Palais du bord de mer après son élection, en 2009, il y fait aménager un studio d’enregistrement où il compose pour sa mère, la chanteuse Patience Dabany, mais aussi pour son ami Frédéric Gassita, pianiste jazzman gabonais. En décembre 2016, lors de sa visite d’État à Pékin, le président chinois, Xi Jinping – dont l’épouse est chanteuse –, a fait jouer plusieurs compositions de son invité gabonais.