Sénégal : la transparence dans l’exploitation des hydrocarbures fait débat

Pétrole Sénégal ©

Alors que les hydrocarbures sénégalais ne sont pas encore exploités, le débat sur les bonnes pratiques est, lui, bien lancé.

Avant même que le pétrole et le gaz du sous-sol sénégalais ne soient exploités, les questions de gouvernance du secteur des hydrocarbures font la une des journaux du pays. En cause, un processus d’attribution des licences – piloté par le ministère de l’Énergie et la compagnie publique Petrosen, également actionnaire de tous les projets – jugé peu transparent.

Et, surtout, les rôles joués par des personnages controversés, dont le tycoon australo-roumain Frank Timis (actionnaire principal d’African Petroleum et de Timis Corporation), qui inquiète à cause de sa piètre réputation – aussi bien en Afrique de l’Ouest qu’en Europe centrale et en Europe orientale – et de son association avec Aliou Sall, le frère cadet du chef de l’État.

Polémiques et suspicions

Autre polémique, le risque de conflits d’intérêts pour Abdoulaye Diao, à la fois patron d’International Trading Oil and Commodities, une société de négoce et de distribution de pétrole, et conseiller spécial du président pour l’énergie.

Enfin, le limogeage du ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, à la suite de divergences stratégiques avec Macky Sall, intervenu le 2 mai, juste avant la signature de plusieurs accords de recherche, de production et de coopération avec le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a ravivé les suspicions.

Initiative pour la transparence

Face aux critiques, les autorités mettent en avant une batterie de mesures, notamment l’adhésion à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Itie), qui prévoie la publication de tous les contrats miniers et pétroliers, et l’adoption prochaine d’une loi encadrant l’exploitation et l’utilisation des ressources pétrolières dans l’intérêt des populations et des générations futures.

Reste que l’Itie ne couvre que la transparence des revenus – encore inexistants –, pas les conditions d’obtention des permis, alors que les critiques portaient précisément sur ce point.

Les choses pourraient changer prochainement. Ismaïla Madior Fall, conseiller juridique de Macky Sall et président du comité national de l’Itie au Sénégal, préconise un « code pétrolier plus exigeant concernant l’attribution des titres, l’exercice des droits de préemption, l’évaluation des capacités techniques et financières des opérateurs, le dispositif fiscal et la cession des titres miniers ».

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici