Congo-Brazzaville : Mgr Portella face aux rebelles du pasteur Ntumi

Par Jeune Afrique

Louis Portella Mbuyu (au centre), évêque de Kinkala, est connu pour son combat en faveur de la justice sociale. © PLINIO LEPRI/AP/SIPA

Quelques jours après les incidents graves survenus dans la semaine du 22 mai, l'évêque de Kinkala, Mgr Louis Portella, a dénoncé ces exactions commises par les insurgés Ninjas Nsiloulous de Frérédic Bintsamou.

Les insurgés Ninjas Nsiloulous de Frédéric Bintsamou (alias pasteur Ntumi) seront-ils en mesure de perturber les législatives du 16 juillet ? Deux incidents graves, survenus au cours de la semaine du 22 mai et peu médiatisés, laissent à penser que tel est leur objectif, tout au moins dans le département du Pool : l’attaque nocturne d’un poste de la Garde républicaine à Igné (45 km de Brazzaville) et l’embuscade, suivie de viols et de pillages, d’un convoi d’autobus transportant des civils entre Dolisie et la capitale, qui a fait deux morts.

Ces exactions, qui sont loin d’être isolées, ont fait réagir Mgr Louis Portella, évêque de Kinkala, dont les relations avec le pouvoir ont souvent été tendues. Après avoir qualifié de « tragédie humanitaire » le sort des populations de la partie sud du Pool depuis neuf mois et déploré le manque de retenue des forces de l’ordre lors des opérations de ratissage, ce prélat respecté s’adresse directement à Bintsamou et à ses hommes, en les sommant « [s’ils aiment] vraiment ce peuple », de sortir du maquis et de déposer les armes : « Tuer au nom de Dieu est satanique, la violence au nom de Dieu est un blasphème. »

Dans cette lettre pastorale distribuée fin mai aux fidèles de son diocèse, Mgr Portella s’inquiète également de « l’arsenal étonnant » dont semblent disposer les rebelles – allusion claire aux multiples rumeurs de trafics d’armes dans cette région. Reste à savoir si les disciples de celui qui se décrit comme un prophète envoyé de Dieu (à l’instar de Ne Muanda Nsemi, son homologue kongo de RD Congo), entendront cet appel, alors qu’ils considèrent l’Église catholique comme un soutien du régime.