Législatives au Sénégal : Abdoulaye Baldé, un opposant sous haute pression

Scène dans un bureau de vote, au Sénégal. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Les législatives auront lieu, sans la participation des rebelles. Le député sortant et maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, se voit défié par la coalition au pouvoir. Cela sera-t-il suffisant pour le fragiliser ?

Les chefs rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui considèrent la région comme occupée par les forces sénégalaises, y sont opposés, mais ici comme dans le reste du pays les citoyens voteront le 30 juillet pour élire leurs députés. Ces législatives permettront notamment de jauger les rapports des forces locaux avant la grande bataille pour la magistrature suprême, en 2019.

En 2012, les dernières élections avaient été remportées par la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar. Cinq ans plus tard, les troupes de la majorité avancent en ordre dispersé. Plusieurs cadres locaux de l’Alliance pour la république (APR, le parti de Macky Sall), au premier rang desquels Benoît Sambou, ex-ministre de la Jeunesse, et Doudou Ka, l’administrateur du Fonds de garantie à l’investissement public (Fongip), se déchirent pour le leadership du parti à Ziguinchor.

À tel point que le chef de l’État a missionné Robert Sagna, ancien maire de la ville et notable politique régional, pour tenter de mettre fin à ces querelles internes et assurer la cohésion de la coalition BBY dans toutes les circonscriptions de Casamance.

Un casse-tête pour Macky Sall

En face, Abdoulaye Baldé, actuel député-maire de Ziguinchor et président de l’Union des centristes du Sénégal (UCS), est l’homme à battre. Depuis qu’il a été élu à tête de la mairie, en 2009, puis à l’Assemblée nationale, en 2012, cet opposant a fait de Ziguinchor son fief, et il sera difficile de l’en déloger. Un casse-tête pour Macky Sall, désireux de ramener cette grande ville dans son giron avant 2019.

Je suis un opposant et je resterai dans l’opposition malgré les pressions

Beaucoup ont d’ailleurs vu dans la récente réactivation de la procédure lancée en 2012 par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) à l’égard de Baldé une tentative pour l’inciter à rallier le camp présidentiel. Cela a-t-il fonctionné ? L’intéressé vient en tout cas de lancer sa propre coalition, qu’il présente comme celle de la « troisième voie » entre BBY et Manko Taxawu Senegal, la principale coalition d’opposition. « Je suis un opposant et je resterai dans l’opposition malgré les pressions », martèle le leader de l’UCS quand on l’interroge sur son rapprochement supposé avec Macky Sall.

Le maire de « Zig’ » se dit « parfaitement confiant » dans ses chances de victoire. « Si nous allons aux élections tous ensemble, soudés, il sera en difficulté, rétorque Robert Sagna. Les réalités d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui. Il a perdu beaucoup de militants. » Le combat promet en tout cas d’être serré : lors du référendum constitutionnel porté par Macky Sall, le 20 mars 2016, le oui l’avait emporté de justesse sur le non dans la région de Ziguinchor.

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