Défense : quel responsable français cherchait à freiner la vente d’hélicoptères d’attaque au Togo ?

Par Jeune Afrique

Usine de construction des hélicoptères français Gazelle à Marignane en France. © CLAUDE PARIS/AP/SIPA

La transaction entre le Togo et la France portant sur cinq hélicoptères Gazelle pourrait être débloquée par l'arrivée de Jean-Yves Le Drian aux Affaires étrangères.

Dans son édition du 7 mai, JA annonçait que la France allait probablement conclure avec le Togo, d’ici à la fin de l’année, la vente de cinq hélicoptères Gazelle. Si, en décembre 2016, une licence d’exportation a bien été délivrée et si, le 20 avril suivant, la Commission interministérielle pour les exportations d’armes a semblé valider le principe de cette vente (dont le montant pourrait avoisiner 20 millions d’euros), Jean-Marc Ayrault se montrait très réticent.

Le ministre français des Affaires étrangères craignait que le pouvoir togolais n’utilise ces hélicoptères contre des civils ou des opposants, invoquant deux précédents impliquant des appareils de fabrication française : en février 2008, à Douala, lors de la répression des « émeutes de la faim » (139 morts selon la société civile, 40 selon les autorités camerounaises) ; et lors de l’attaque du QG de campagne de Jean Ping, à Libreville, le 31 août 2016 (2 morts selon le camp de l’opposant gabonais).

À Lomé, on assure que cette flotte ne serait destinée qu’à la surveillance des frontières, face à la menace terroriste et à la recrudescence des actes de piraterie dans le golfe de Guinée. Le principe de cette vente, qui prévoit aussi la formation de pilotes et de mécaniciens togolais, avait été soutenu par Jean-Yves Le Drian lorsqu’il était ministre de la Défense de François Hollande. Sera-t-elle débloquée maintenant qu’Emmanuel Macron l’a nommé aux Affaires étrangères ?