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Guinée équatoriale : le projet « Femme idéale », pour l’égalité des droits entre les deux sexes

Lucas Escalada et l’un de ses modèles, au côté du trophée de la « Femme idéale ». © Lucas Escalada

Lancée par le styliste Lucas Nguema Escalada, l’initiative « Femme idéale » souligne le rôle essentiel des Équato-Guinéennes dans toutes les sphères de la société. Et les met à l’honneur.

«J’ai été très influencé par ma grand-mère, qui est un véritable modèle pour moi, confie Lucas Nguema Escalada. Elle a fait des études et est devenue une femme d’affaires. Ce n’était pas fréquent dans les années 1970 et cela reste encore aujourd’hui une exception chez nous. » Inspiré depuis l’enfance par son aïeule, le styliste équato-guinéen profite de sa notoriété à travers le monde et en particulier aux États-Unis – il a fait ses études à Houston, où vit sa mère – pour mettre en avant les femmes. Engagé sur le plan social, notamment à travers des initiatives destinées aux jeunes, il tente aujourd’hui de promouvoir l’égalité entre les sexes, loin d’être acquise en Guinée équatoriale.

L’important, c’est de montrer qu’une femme peut réussir comme un homme et qu’elle a les mêmes droits que lui.

« Principalement à cause du poids de la tradition, explique Anastasia Nze, la présidente de l’association Égalité et Droits de la femme en Afrique. Mais aussi parce que la plupart des femmes méconnaissent leurs droits et croient que seuls les hommes peuvent se prévaloir d’en avoir. »

Les mêmes droits pour tous

En 2016, Lucas Nguema Escalada a voulu donner corps à ce combat en lançant le projet « Mujer ideal » (« Femme idéale »), dont l’objectif est de démontrer que les femmes valent les hommes et peuvent être leurs égales, sur tous les fronts. Pour illustrer ses convictions, le styliste a créé une collection spéciale portant ce même nom. Mais il tente surtout de mettre en avant des femmes d’affaires, des artistes, des intellectuelles, des personnalités engagées sur le plan social ou politique qui ont contribué à l’éducation et à l’autonomisation des femmes.

« Elles serviront de modèle aux autres femmes et aux jeunes filles. Et elles peuvent leur ouvrir des portes, martèle le créateur. L’important, c’est de montrer qu’une femme peut réussir comme un homme et qu’elle a les mêmes droits que lui. »

Le créateur camerounais Martial Tapolo et la femme d’affaires Librada Ela Asumu, lors du gala du 28 janvier. © DR (Lucas Nguema Escalada)

L’initiative a été présentée officiellement lors d’un événement organisé à Malabo du 15 au 18 décembre 2016. Après trois jours de séminaire, pendant lesquels les participants ont débattu de la condition des femmes de Guinée équatoriale et d’ailleurs, la manifestation s’est achevée par un gala, précédé d’un défilé de mode.

Constituée de six membres permanents, d’une soixantaine d’artistes et de volontaires, l’association qui anime « Mujer ideal » est très active, organisant déjeuners, tables rondes et interventions dans les écoles… Du 25 au 30 janvier, elle a organisé une « Semaine de la femme idéale ». Au menu : des ateliers de réflexion sur l’entrepreneuriat des femmes, la projection de L’Arbre sans fruits, documentaire de la Nigérienne Aïcha Macky, et un défilé de mode à l’hôtel Anda China, de Malabo, avec les stylistes Patrick Asante (Ghana), Martial Tapolo (Cameroun), Grace Wallace (Togo), Donova (Guinée équatoriale), Franz Auza (Venezuela) et Lázaro Sanchez (Bolivie).

Un projet défendu par un homme

Des trophées ont été remis à des femmes « modèles », dont Anastasia Nze et Librada Ela Asumu, la directrice du cabinet T&E SL, fondé avec son mari en 2005 et mêlant conseil juridique, événementiel, édition (avec la revue Ewaiso) et formation (avec une école de droit et secrétariat). Très engagée dans la promotion des femmes au sein des entreprises, Librada Ela Asumu est aussi à l’origine de la Malabo International Fashion Week, organisée chaque année depuis 2010.

Rien n’empêche d’attribuer l’un de ces trophées à un « homme idéal » qui se battrait pour l’égalité des droits. « D’ailleurs, le fait que ce soit un homme, Lucas Nguema Escalada, qui mène ce combat, est un atout pour nous, souligne Anastasia Nze. Son projet donne de la visibilité à la lutte pour l’égalité des droits et met en lumière tout ce que les femmes font pour l’émergence du pays. Cela peut inciter les jeunes filles à étudier et à suivre les pas de leurs aînées. »

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