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Guinée équatoriale : Holding GE bichonne les opérations de co-investissement

Construction du terminal portuaire et du paseo maritime à Kogo, en Guinée équatoriale. © Renaud VAN DER MEEREN/EDJ

Afin de diversifier son économie, l'État équato-guinéen a mis en place une société chargée de gérer les co-investissements de l'État et ainsi favoriser la collaboration entre les entreprises susceptibles de travailler ensemble.

Pour créer des emplois et sortir du tout-pétrole, qui domine les secteurs primaire et secondaire et contribue à la formation du produit intérieur brut (PIB) à hauteur de 90 %, la Guinée équatoriale n’a pas le choix. « Il faut diversifier la base productive de notre économie en mettant l’accent sur l’agriculture, l’élevage, la pêche et les services en général, dont les transports, les télécommunications, la santé et le tourisme », souligne Mariola Bindang Obiang, directrice générale de Holding Guinée équatoriale 2020 , la société chargée de gérer le fonds de co-investissement de l’État pour accélérer la diversification.

Reste à savoir qui doit investir et comment. Pas l’État en tout cas. Le temps de l’étatisation de l’économie est révolu, et il n’est plus question de privatiser de nouvelles entreprises dans le futur. Le secteur privé national ? Il est encore embryonnaire, et la diversification ne peut pas attendre. Les investisseurs privés étrangers ? Beaucoup ont quitté le pays ou hésitent à y investir en raison de la crise et d’une demande peu soutenue.

Holding GE encourage les entreprises qui visent un même créneau à s’associer dans un projet commun plutôt qu’à se livrer à une concurrence stérile.

Pour encourager la création d’activités et rentabiliser les investissements de l’État, notamment dans les infrastructures, les autorités équato-guinéennes ont choisi de mettre en place Holding GE, chargé de monter des projets en joint-venture avec des acteurs privés nationaux et/ou étrangers dans les secteurs de diversification ciblés.

Favoriser les projets communs

Son apport ? « Un peu de capital, mais qui ne sera pas majoritaire dans les partenariats que nous souhaitons voir se nouer, explique Mariola Bindang Obiang. Notre rôle est de faciliter les relations avec l’Administration, par exemple pour l’obtention de titres de propriété, l’octroi de licences, de permis, ou encore d’exonérations sur certaines importations. »

Holding GE encourage les entreprises qui visent un même créneau à s’associer dans un projet commun plutôt qu’à se livrer à une concurrence stérile. Quant à l’activité visée, elle doit d’abord satisfaire les besoins du marché national avant de miser sur l’exportation.

Avec les mesures actuellement mises en œuvre pour faciliter les démarches administratives des vacanciers et l’obtention de visa, le tourisme pourrait bientôt devenir un autre créneau attractif

La première opération réalisée concernait les péages, dont la gestion a été concédée en 2016 à l’entreprise libanaise Terraway. Pour les autres projets, Holding GE est à la recherche de partenaires. Si la tâche n’est pas facile, des opérateurs privés européens, mais aussi africains – d’Afrique de l’Ouest notamment –, ont manifesté de l’intérêt pour certaines filières, en particulier celles de l’agriculture et de l’élevage.

Ainsi, Sedima, leader sénégalais de l’aviculture, s’intéresse à l’élevage de volailles, tandis qu’une société allemande et un groupe français envisagent d’investir dans des plantations de cacaoyers et dans la transformation de fèves.

Avec les mesures actuellement mises en œuvre pour faciliter les démarches administratives des vacanciers et l’obtention de visa, et pour lutter contre l’insécurité et la corruption, le tourisme pourrait bientôt devenir un autre créneau attractif. Reste aux autorités équato-guinéennes à se montrer crédibles et persuasives.

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