Maroc : Mohamed Yatim, de la centrale syndicale au ministère de l’Emploi

Une unité d'assemblage de voitures au sein de la Somaca le 9 avril 2013 à Casablanca. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Un ministre de l’Emploi ancien patron de syndicat. C’est du jamais-vu au Maroc. Mohamed Yatim, l’un des ténors du Parti de la justice et du développement (PJD), a occupé pendant dix ans le poste de secrétaire général de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM).

Ce syndicat fondé en 1973 par le docteur Abdelkrim El Khatib était resté en veilleuse pendant une bonne vingtaine d’années. Ce n’est qu’après l’intégration des islamistes au parti de Khatib (le Mouvement populaire démocratique et constitutionnel, rebaptisé PJD en 1998) qu’il renaît de ses cendres.

Mainmise des islamistes sur l’UNTM

Dès le début des années 2000, il devient l’un des plus influents du pays, faisant même de l’ombre aux centrales historiques – Union marocaine du travail (UMT), Confédération démocratique du travail (CDT) et Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM). L’arrivée de Mohamed Yatim à sa tête, en 2005, a scellé la mainmise des islamistes sur l’UNTM, qui a entre-temps étendu ses tentacules sur différents secteurs dont la santé et l’enseignement.

Une fibre syndicale à l’épreuve

L’élu PJD et membre du Mouvement Unicité et Réforme (MUR, base arrière idéologique du parti islamiste) occupe le poste de secrétaire général de l’UNTM pendant deux mandats avant de passer la main à l’un de ses adjoints, Abdelilah Hallouti, en décembre 2015.

« Depuis, je suis resté membre du secrétariat général du syndicat. Je n’ai démissionné qu’après ma nomination », explique Mohamed Yatim. Désormais, l’ex-enseignant de 60 ans se trouve de l’autre côté de la barrière, et sa fibre syndicale sera certainement mise à rude épreuve. Le ministre sera aux avant-postes pour négocier avec ses anciens confrères syndicalistes des dossiers les plus problématiques.

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