Fermer

Côte d’Ivoire : pourquoi les cours du cacao sont plombés ?

La crise du cacao ivoirien ne refroidit pas l'enthousiasme des gestionnaires d'actifs de conférence annuelle de l’Association africaine du capital-investissement et du capital-risque © Jacques Torregano pour JA

Le mois de juillet 2016 a marqué la fin brutale de l‘envolée des cours du cacao, qui, au terme d’une progression presque constante depuis 2012, avaient alors atteint 2 500 livres sterling (3 000 euros) la tonne. Depuis, le prix de l’or brun s’est écroulé, jusqu’à atteindre 1 450 livres environ, soit une chute de 40 %, touchant de plein fouet l’Afrique de l’Ouest.

Cette dégringolade est principalement due à l’exceptionnelle récolte enregistrée en Côte d’Ivoire et au Ghana (2e producteur mondial). Une progression qui dépasse de loin celle de l’appétit des amateurs de chocolat, principalement américains et européens.

« La demande est attendue en hausse de 2,9 %, quand la production devrait augmenter de 15 % », soulignent les analystes de Commerzbank. Pour la première fois depuis six ans, le monde va ainsi passer cette année d’une situation de déficit en cacao à celle d’un substantiel surplus (264 000 tonnes, selon l’Organisation internationale pour le cacao-Icco).

Pas de remontée des prix attendue

Et le prix de la fève ne devrait pas remonter à court terme : les prévisions climatiques sont bonnes, ce qui pourrait encore booster la production, en Côte d’Ivoire comme au Ghana. Les choses pourraient changer d’ici à la fin de l’année. En effet, le retour du phénomène El Niño, qui dérègle les pluies, est prévu dans les six prochains mois et pourrait perturber les cultures.

De plus, le prix minimum payé aux producteurs, diminué de plus d’un tiers en Côte d’Ivoire, devrait influencer significativement leur production lors de la prochaine grande campagne, à partir d’octobre 2017. Et aux États-Unis, la croissance laisse espérer une reprise de la consommation. Signe positif, plusieurs analystes s’accordent sur une remontée des cours, qui ne devraient toutefois pas dépasser les 1 800 livres, à la fin de l’année 2017.