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Burkina Faso : les mines et carrières ont désormais leur ministère

Des forages dans une carrière. © Olivier pour JA

Jusqu’alors rattachées à l’Énergie, les Mines et les Carrières ont désormais leur propre ministère. Il a été confié à un ingénieur issu du privé, Oumarou Idani.

«Compte tenu des ambitions du Burkina dans le cadre du PNDES [Plan national de développement économique et social], il semblait important qu’un ministre se concentre sur l’énergie tandis qu’un autre prenait en charge les mines », explique Oumarou Idani, qui, en attendant la livraison de ses nouveaux locaux, officie depuis un bureau provisoire. Lors du remaniement du 20 février, le vice-président de la commission du développement économique, de l’environnement et du changement climatique de l’Assemblée nationale a été nommé ministre des Mines et des Carrières, un portefeuille jusqu’alors rattaché à celui de l’Énergie.

Il faut que les dossiers miniers soient traités avec célérité, car si les choses n’avancent pas vite, un projet peut être bouleversé

Originaire de Kantchari, dans la Tapoa (Est), cet ingénieur en génie rural a été directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Tourisme, puis du ministre chargé des Relations extérieures (1983-1984) et directeur général de la société nationale d’électricité (Sonabel, 1984-1987). Il a poursuivi sa carrière dans le privé, à la tête de son propre cabinet d’ingénierie, Ergeci-Développement, en tant qu’administrateur de diverses sociétés (dont Sunu Assurances) et, en novembre 2015, a été élu député du Gourma (Est) sous la bannière du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

Purger l’orpaillage artisanal

Dès le mois de mars, Oumarou Idani a présenté en Conseil des ministres un rapport sur les recommandations de l’enquête parlementaire d’octobre 2016. Il y reconnaît que le nouveau code minier ne règle qu’une partie des problèmes et que certains décrets d’application font encore l’objet de discussions. « Nous sommes en train d’aplanir tout cela », assure-t-il. Ses priorités : rendre le secteur plus compétitif et sa croissance plus inclusive, purger l’orpaillage artisanal de ses fraudes et développer « un partenariat gagnant-gagnant durable avec les opérateurs, y compris avec les entreprises privées du pays qui, elles aussi, ont une certaine expertise », précise Oumarou Idani.

Pour relever ces défis, il veut du professionnalisme et de la modernité. « Il faut que les dossiers miniers soient traités avec célérité, car si les choses n’avancent pas vite, un projet peut être bouleversé. » La création d’un cadastre minier numérique, bientôt accessible sur internet, va dans ce sens (avec des mises à jour en temps réel qui permettent de gagner en transparence), et le Bureau des mines et de la géologie du Burkina (Bumigeb) doit réaliser une carte géologique et minière du pays.

La question de la sécurité

Le ministre n’oublie pas l’aspect sécuritaire. « Dans une autre vie, j’ai travaillé dans le tourisme », rappelle Oumarou Idani, qui a aussi été concessionnaire d’une réserve de chasse dans la Tapoa (Kondio Safari Prestige). « Je connais le niveau de retentissement, en Europe notamment, des problèmes sécuritaires auxquels nous pouvons être confrontés », poursuit-il.

L’Office national pour la sécurisation des sites miniers (Onasim) est désormais opérationnel et a été doté d’une force hybride composée de policiers, de gendarmes et de militaires, dont les procédures et interventions sur le terrain ont été harmonisées.

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