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"Cet article est issu du dossier" «Burkina Faso : l'art du rebond»

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Burkina Faso : les start-up sont de plus en plus soutenues

Par - correspondant

Dans les locaux de La Fabrique, incubateur d’entreprises sociales. © Sophie Garcia/hanslucas.com pour JA.

Depuis quelques années, les dispositifs d’appui aux start-up se multiplient à Ouaga. Et le succès est au rendez-vous, dans tous les domaines.

Il règne au Faso une saine émulation en matière d’innovation. Ces dernières années, des start-up et applications développées par de jeunes Burkinabè se sont régulièrement fait remarquer, au niveau continental comme international, et de nouvelles pousses, tout aussi prometteuses, marchent déjà dans leurs pas, soutenues par des dispositifs d’accompagnement publics ou privés de mieux en mieux organisés.

La Fabrique

C’est le cas de La Fabrique, un incubateur pour entrepreneurs sociaux créé en décembre 2014 à Ouagadougou par la Française Lisa Barutel, ancienne responsable de l’entrepreneuriat au sein du technopôle de l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE). La structure, qui accompagne actuellement huit créateurs d’entreprise, a déjà levé plus de 235 000 euros et permis de lancer dans la cour des grands des start-up devenues emblématiques, comme FasoPro.

La Fabrique accompagne des créations d’entreprise qui ont un impact social fort.

Fin 2014, la jeune entreprise de Kahitouo Hien a commencé à commercialiser (sous la marque Toumou’Délice) ses produits alimentaires à base de chenilles de karité, qui permettent de lutter contre la malnutrition. Plus de 100 000 articles, tous produits confondus (chenilles cuites ou crues conditionnées, gâteaux, etc.), ont été écoulés en 2016. Primée en novembre 2016 par l’initiative « La France s’engage au Sud », parrainée par l’Élysée, elle est en passe de stabiliser son business model.

Triés sur le volet

« Nous accompagnons des créations d’entreprise qui ont un impact social fort. L’entrepreneur nous sollicite à un moment où il a un besoin de compétences pour avancer mais n’en a pas les moyens, explique Lisa Barutel. Il trouve chez nous un réseau de partenaires stratégiques, financiers et mêmes médiatiques. Et nous l’aidons à lever des fonds. » L’incubateur ouagalais ne pouvant accompagner qu’un petit nombre de projets, les candidats sont triés sur le volet par un comité de professionnels (en 2018, il compte en accueillir six nouveaux).

Le Beoogo Lab, centre d’entrepreneuriat numérique, a quant à lui été créé en 2013 par Mahamadi Rouamba. Depuis l’année dernière, il travaille en partenariat avec l’ONG suédoise Diakona, dans le cadre de l’appel à projets qu’elle a lancé pour accompagner l’entrepreneuriat des femmes dans des domaines aussi divers que les TIC, l’eau et l’assainissement, l’hygiène et les cosmétiques et les énergies renouvelables.

Récupération

Évidemment, le Burkina dispose de son laboratoire de fabrication numérique, ou Fablab : le OuagaLab, qui compte une cinquantaine de membres à travers le pays et une dizaine de permanents au siège, à Ouagadougou. Son cofondateur et président, Gildas Guiella, un ingénieur en réseau informatique et télécoms de 33 ans, en a eu l’idée lors du forum InnovAfrica, organisé en décembre 2011 dans la capitale burkinabè.

Ouvert à tous, le collectif a déjà concrétisé plusieurs projets depuis cinq ans, dont une Carto-malaria (carte interactive des zones à risque), une plateforme d’information agricole fondée sur la technologie GSM ou encore une éolienne à base de pièces de récupération. Il organise par ailleurs des formations de tous niveaux en électronique, informatique et programmation, ainsi que de nombreux ateliers de fabrication.

Devant cet engouement, le gouvernement est entré dans la danse. Le 31 mars, il a annoncé la création de Burkina start-up, un fonds doté de 2 milliards de F CFA (plus de 3 millions d’euros) par an sur cinq ans, qui démarrera ses activités dès le début du mois de mai. « L’objectif est d’encourager, en les finançant, des créateurs d’entreprise et des PME qui portent des projets innovants et structurants », explique Blaise Parfait Semdé, directeur du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES). Le fonds agira via deux modes de financement : la prise de participation (de moins de 10 %) et le crédit participatif, avec un plafond fixé à 10 millions de F CFA par société.

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