Burkina Faso : le chantier du barrage de Samendéni est relancé

Le barrage de Samendéni devrait être en eau dès le mois de juin. © Elias Asmare/AP/SIPA

Après avoir pâti des crises ivoirienne et burkinabè, puis avoir été suspendu après les manifestations de contestation menées par les représentants des 6 000 ménages déplacés ou affectés par l’ouvrage, le chantier du barrage de Samendéni est bel et bien relancé.

Grâce à un accord négocié en 2016 par un comité interministériel et les chefs de village, les riverains ont enterré la hache de guerre : l’État a débloqué pour les dédommager une enveloppe de plus de 22 milliards de F CFA (33,5 millions d’euros), incluant la viabilisation des terrains sur les sites de relocalisation.

Conçu sur le même modèle que le Bagrépôle (Centre-Est), le programme de développement intégré de Samendéni (PDIS) s’étend sur la région des Hauts-Bassins et la boucle du Mouhoun (Ouest), et vise à créer un deuxième pôle de croissance. Démarrée en 2010 (initialement pour quarante-deux mois), la construction du barrage a repris et la mise en eau de l’ouvrage est prévue pour le mois de juin.

21 000 hectares seront irrigués

Installé à 40 km à l’ouest de Bobo-Dioulasso, l’ouvrage comprend un lac artificiel de plus de 1,3 milliard de m3 et une centrale électrique d’une capacité de 18 gigawattheures par an. Il va permettre l’émergence d’un pôle de croissance agro-industriel dans la vallée. Environ 21 000 ha de terres vont être irrigués. Près de 40 % des parcelles aménagées seront attribuées aux petits exploitants familiaux, tandis qu’une aire agro-industrielle de 100 ha sera installée.

L’engouement est réel et les projets envisagés dans la vallée intéressent aussi bien des investisseurs nationaux que des étrangers, notamment des groupes indiens

« Il s’agira d’une zone franche, alimentée par l’énergie que produira le barrage. Les industriels vont donc bénéficier d’un tarif de l’électricité abordable, explique Abdoulaye Ouédraogo, coordonnateur du PDIS. Pour la sélection des investisseurs, nous allons suivre la même procédure que pour le Bagrépôle. L’engouement est réel et les projets envisagés dans la vallée intéressent aussi bien des investisseurs nationaux que des étrangers, notamment des groupes indiens. »

D’un coût total estimé à plus de 80 milliards de F CFA, dont environ 50 milliards pour le barrage et 5 pour la centrale, le chantier est financé par huit bailleurs, parmi lesquels la Banque ouest-africaine de développement, la Banque islamique de développement ou encore les fonds koweïtien et saoudien pour le développement. Une fois opérationnel, Samendéni doit contribuer à environ 2 % de la croissance du PIB sur une période de vingt ans et générer près de 100 000 emplois directs et indirects.

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