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Quatre ans, huit chantiers et 2,8 milliards d’euros pour relancer l’économie béninoise

Le PAC, « le plus grand des petits ports d’Afrique de l’Ouest ». © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

La relance économique du Bénin repose en grande partie sur la compétitivité des services logistiques et des transports aérien, maritime et terrestre. Et sur de grands travaux.

Depuis le poste-frontière d’Idiroko, un automobiliste nigérian peut rallier Porto-Novo en trente minutes en empruntant les 25 km de la route nationale inter-États (RNIE) 1 bis. L’objectif du Programme d’actions du gouvernement (PAG) est de permettre à ce chauffeur, d’ici à 2021, de poursuivre son périple jusqu’à Cotonou via la nouvelle autoroute entre Porto-Novo et Sèmè-Kpodji, où il rejoindra la tout aussi neuve voie de contournement nord, qui, en évitant le centre-ville de la capitale économique, le conduira directement au nouvel aéroport international de Glo-Djigbé.

De là, les passagers arrivant à Cotonou pourront, grâce à la voie express, rallier en moins de trente minutes la célèbre route des Pêches (entièrement réaménagée) ou le quartier de Ganhi, dans le centre-ville. Lequel ne sera plus encombré par les camions venus charger ou décharger leurs marchandises au Port autonome de Cotonou (PAC) puisque les poids lourds disposeront de voies réservées.

Sur les 45 projets phares identifiés dans le PAG, présenté par le gouvernement en décembre, 8 portent sur des chantiers d’infrastructures de transports, qui devront tous être livrés avant la fin du mandat de Patrice Talon, en 2021. Le budget total nécessaire à leur réalisation a été estimé à 1 838 milliards de F CFA (2,8 milliards d’euros), financé à 77,4 % par des investissements privés.

  • Nouvel aéroport international de Glo-Djigbé

Construit sur le territoire de la commune d’Abomey-Calavi, à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale économique, le futur aéroport international doit remplacer celui de Cadjéhoun, situé dans le centre-ville de Cotonou, excluant ainsi toute possibilité d’extension. Sans parler des questions d’engorgement et de sécurité qu’implique la présence d’une telle infrastructure dans un milieu urbain densément peuplé.

Selon le ministère des Infrastructures, la phase de libération du site (3 028 ha, dont 1 600 ha pour l’aéroport), avec ses opérations d’expropriation et de déguerpissement, a déjà commencé, et les travaux devraient démarrer au deuxième semestre de cette année, pour une durée de trois ans, et une mise en service prévue avant la fin de 2020.

Confiés au holding public chinois Aviation Industry Corporation of China (Avic), ils comprennent la réalisation d’une piste (4 250 m de longueur, 60 m de largeur), d’un terminal voyageurs d’une capacité de 1,6 million de passagers par an (900/heure de pointe), d’une aérogare fret pouvant traiter 12 000 tonnes par an, de voies de sortie rapides et de bretelles de raccordement.

De même, une voie express de 40 km devrait relier la plateforme aéroportuaire à la route des Pêches, avec, à hauteur de Cocotomey, un franchissement de la RNIE 1, corridor est-ouest reliant la frontière nigériane à la frontière togolaise via Porto-Novo, Cotonou et Ouidah.

Conformément à la décision adoptée le 11 janvier par le gouvernement, en attendant que le nouvel aéroport soit opérationnel, l’exploitation de l’actuelle plateforme de Cadjéhoun, gérée par l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), doit être confiée à une société concessionnaire. Ce sera le cas, aussi, du futur complexe de Glo-Djigbé.

  • Modernisation et extension du PAC, réaménagement du réseau routier environnant

Véritable poumon économique du pays, « le plus grand des petits ports d’Afrique de l’Ouest », comme le présente sa direction, génère à lui seul 80 % des recettes fiscales du pays. Depuis 2011, ses capacités ont été améliorées : nouveau quai (plus de 540 m de linéaire, un tirant d’eau de 13,5 m à 15 m) et portiques de Bénin Terminal, la filiale de Bolloré Africa Logistics ; aménagement de la digue et dragage du bassin ; installation d’un guichet unique et, depuis deux ans, d’un système de gestion informatisée du trafic routier dans la zone portuaire et ses abords.

 L’un des principaux chantiers porte sur la reconstruction du quai nord [1 300 m de linéaire, tirant d’eau de 11 m], qui se trouve dans un état de dégradation très avancé. Afin de garder une marge de manœuvre et, surtout, la maîtrise des tarifs, l’exploitation de ce quai nord ne sera pas confiée à une société concessionnaire.

L’objectif du gouvernement est d’augmenter la compétitivité du PAC afin d’attirer une clientèle encore plus importante depuis et vers les pays sans littoral (Niger, Burkina Faso, Mali et Tchad), tout en redéployant les activités de transit avec le Nigeria, même si la conjoncture du grand voisin est actuellement difficile.

« L’un des principaux chantiers porte sur la reconstruction du quai nord [1 300 m de linéaire, tirant d’eau de 11 m], qui se trouve dans un état de dégradation très avancé, souligne Huguette Amoussou Kpéto, la directrice générale du PAC. Afin de garder une marge de manœuvre et, surtout, la maîtrise des tarifs, l’exploitation de ce quai nord ne sera pas confiée à une société concessionnaire. »

Le projet comprend également l’extension du bassin sur 900 m, la construction d’une nouvelle tour de contrôle et d’un centre des affaires maritimes, qui permettra de regrouper les administrations et les services tout en libérant de l’espace pour les opérateurs sur la zone portuaire.

L’autre chantier majeur relatif au PAC porte sur le réaménagement de la circulation aux abords du port, avec la reconstruction du boulevard de la Marina sur un tronçon de près de 6 km, entre la Loterie nationale (à la sortie du PAC, côté est) et le centre commercial Erevan (à l’est de l’aéroport), avec des voies réservées au trafic urbain et d’autres aux poids lourds.

Budget des chantier à boucler d'ici à 2021. © PAG 2016 -2021? Présidence Dèc 2016

  • Voie de contournement nord de Cotonou et autoroute Sèmè-Porto-Novo

La future zone aéroportuaire de Glo-Djigbé implique elle aussi de nouveaux aménagements routiers. La construction de la voie de contournement nord-est de Cotonou va permettre de fluidifier le trafic routier dans l’agglomération, en particulier d’éviter le centre-ville pour rejoindre Porto-Novo. Le coût de cette autoroute à péage, qui sera concédée à une entreprise privée, est estimé à 345 milliards de F CFA. Il comprend la construction de près de 40 km de route, avec la traversée de zones marécageuses et, à l’est, d’un pont de 2×4 voies sur le lac Nokoué.

La construction de l’autoroute entre Sèmè-Kpodji et Porto-Novo suivra le même modèle économique. Les travaux incluent l’aménagement de 10 km de route en 2×2 voies, dont un pont sur la lagune de Porto-Novo, et celui des voies d’accès et postes de péage.

  • Aménagement et extension du réseau routier

Le PAG a retenu trois autres projets routiers, à commencer par la poursuite et l’achèvement de la route des Pêches, qui borde l’océan entre Cotonou et Ouidah, au cœur de l’un des principaux volets de développement du tourisme. Les chantiers prévus nécessitent un financement de 115 milliards de F CFA, entièrement public, et comprennent l’aménagement et le bitumage de l’axe principal entre la plage d’Adounko et la Porte-du-Non-Retour (22,3 km en 2×2 voies), de trois bretelles de raccordement à la RNIE 1 (soit 23,5 km) et d’une route en 2×1 voie entre la Porte-du-Non-Retour et, 8 km plus à l’ouest sur la lagune, la Bouche-du-Roi.

Afin de désenclaver les grands bassins cotonniers et céréaliers du nord-est du pays, le gouvernement veut que les travaux d’aménagement et de bitumage de la route entre Djougou, Péhunco, Kérou et Banikoara (212 km) soient engagés dans le courant du second semestre de 2017 et soient terminés avant la fin de 2020.

Enfin, le PAG prévoit une extension du réseau routier national sur 1 362 km d’ici à la fin de 2021. Une quinzaine de tronçons stratégiques, allant de 20 km à 290 km, ont été identifiés dans différentes régions du pays.

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