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Algérie : refuser la parole aux partis qui appellent au boycott, une injonction qui passe mal auprès des journalistes

Le ministre algérien de la Communication sommes les médias de ne pas « donner la parole à des partis qui appellent au boycott » ou œuvrent à « décrédibiliser » le scrutin. © Twicepix via Visualhunt.com / CC BY-SA

Le ministre algérien de la Communication, Hamid Grine, somme les médias d’ignorer les partis qui refusent de participer aux législatives. Oukase ou éthique ?

C’est une charte « équitable et éthique » qui fait polémique. Le ministre algérien de la Communication, Hamid Grine, 63 ans, a déclenché une petite tempête en décidant de cadrer la couverture médiatique des législatives du 4 mai, qui verra la participation de 12 591 candidats encartés et indépendants.

Le 28 mars, il a adressé une circulaire aux médias dans laquelle il fixe dix commandements auxquels les journalistes devront se conformer pour assurer une couverture « équitable, impartiale et objective ». Une des dix recommandations somme de ne pas « donner la parole à des partis qui appellent au boycott » ou œuvrent à « décrédibiliser » le scrutin.

RSF, c’est qui ? C’est quoi ?

Une injonction qui passe mal. Oukase, entrave à la liberté d’opinion, bâillonnement, caporalisation… L’initiative de Grine a été vertement critiquée par des responsables de médias privés et par les partis qui boycottent les élections, ainsi que par Reporters sans frontières (RSF). Passablement irrité, Grine refuse catégoriquement de recevoir le directeur de l’ONG. « RSF, c’est qui ? C’est quoi ? » a-t-il répondu à un journaliste du quotidien El Watan.

Mais il en faut plus pour démonter ce ministre qui connaît bien la corporation pour avoir longtemps dirigé le service de communication de l’opérateur téléphonique Djezzy, un des plus gros annonceurs de la presse.

Sacerdoce

Journaliste, écrivain, ce diplômé de sociologie a été nommé à la tête du ministère de la Communication en mai 2014, dans la foulée de la réélection de Bouteflika. Depuis, celui qui met en avant le concept de « cercle vertueux » pour tenter de professionnaliser la presse fait de la réorganisation de son secteur une sorte de sacerdoce.

La tâche est compliquée dans un paysage médiatique frappé par la crise et qui compte 155 titres et une cinquantaine de télévisions privées. D’autant que le ministre entretient des rapports exécrables avec les deux ou trois journaux les plus influents du pays.

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