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RDC : Michael Sharp et Zaida Catalán, experts de l’ONU et « héros »

Base de la Monusco (mission des Nations-Unies en République démocratique du Congo), Kalemie, RDC, 2009. © Tom Skrinar/CC/Flickr

On aurait pu croire les Congolais devenus insensibles, à force de subir la litanie des massacres frappant leurs compatriotes aux quatre coins du pays. Mais l’annonce, le 28 mars, de la mort des experts onusiens Michael Sharp et Zaida Catalán a, au contraire, provoqué une large vague d’émotion dans le pays.

Un rassemblement a même eu lieu à Goma, dans le Nord-Kivu, une ville où Michael Sharp et Zaida Catalán comptaient de nombreux amis. Leur origine occidentale a conféré un caractère exceptionnel à ce double assassinat. Mais c’est aussi leur qualité d’experts de l’ONU pour la RD Congo qui a touché les cœurs. La teneur des rapports de ce groupe de six membres, mandaté par le Conseil de sécurité et partiellement renouvelé chaque année, l’a en effet rendu célèbre dans tout le pays.

Lors de la crise diplomatique entre la RD Congo et le Rwanda, au cours de la rébellion du Mouvement du 23 Mars (M23), en 2012 et 2013, leurs rapports accusaient sans ambiguïté Kigali de soutenir le M23, ouvrant la voie à des mesures de rétorsion internationales.

Un rapport accablant

Les experts étaient alors devenus des « héros » pour le peuple congolais et, par symétrie, des ennemis du Rwanda. Leurs relations avec les autorités congolaises – et les autorités seulement – se sont néanmoins corsées depuis.

Notamment après leur rapport de mai 2016, qui accusait certains officiers de l’armée, parmi lesquels le général Muhindo Akili Mundos, de soutenir des membres de la rébellion des Forces démocratiques alliées (ADF), responsables de nombreux massacres de civils dans la région de Béni, dans l’est du pays. Michael Sharp en était l’un des auteurs…

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