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Tunisie – Borhène Bsaïes : de Ben Ali à Nidaa Tounes, itinéraire d’un journaliste qui a toujours su rebondir

L’homme est connu pour son incomparable bagout. © YouTube

Ce journaliste tunisien controversé gère désormais les affaires politiques de Nidaa Tounes. Après avoir ardemment défendu le régime de Ben Ali…

C’est une revanche pour ce propagandiste de l’ancien régime, qui avait nié, sur Al-Jazira, le 13 janvier 2011, l’impact du soulèvement qui allait emporter Ben Ali dès le lendemain. Nidaa Tounes, parti au pouvoir dans la tourmente, a appelé le journaliste Borhène Bsaïes à la rescousse.

À 55 ans, celui-ci est désormais chargé des affaires politiques du mouvement fondé par Béji Caïd Essebsi. Pour d’aucuns, ce ralliement exhale d’ailleurs un parfum de restauration.

Machine à recycler

Mohamed Ghariani, ex-secrétaire général du parti de Ben Ali, s’apprêterait lui aussi à rejoindre Nidaa Tounes. Conséquence : la formation apparaît de plus en plus comme une machine à recycler les figures du régime déchu. Ce qui en dit long sur la difficulté de la classe politique tunisienne à innover et à se renouveler.

Culot

Bsaïes a d’ores et déjà annoncé qu’il comptait « crever les abcès » au sein du mouvement, tout remettre à plat et préparer une primaire en vue de la présidentielle de 2019. Il faut dire que l’homme est connu pour son bagout et son culot incomparables. Après la révolution, il mange un temps son pain noir. Mais rien ne semble pouvoir arrêter cet ancien professeur d’éducation civique, dont la grande culture peut forcer le respect, malgré sa mauvaise foi et son sens de la manipulation.

Il intègre bientôt Attounissia TV, la chaîne de Slim Riahi. Puis, à la veille de l’élection de l’Assemblée constituante, en octobre 2011, il devient le conseiller de cet homme d’affaires, fondateur de l’Union patriotique libre (UPL). Rattrapé par les affaires, il est inculpé en 2012 pour emploi fictif à la Société tunisienne d’entreprises de télécommunications (Sotetel) – un dossier toujours en cours d’instruction.

Mais il continue de migrer d’un média à l’autre. Il passe par la chaîne Nessma, dont il assure en 2013 la direction éditoriale. Puis il rejoint en 2016 Attessia TV, où il fustige la classe politique…, dont Nidaa Tounes.