Sénégal : Barthélémy Dias, la tête brûlée de Khalifa Sall

Le 1er décembre 2016, à la sortie du tribunal de Dakar, après le renvoi de son procès. © SEYLLOU/AFP

Ce proche du maire de Dakar tente d’unir l’opposition tout en multipliant les sorties au vitriol contre Macky Sall et les ténors du PS.

Aux circonlocutions bureaucratiques de certains cadres socialistes, il préfère les phrases coups de poing. Fougueux, adepte des « prises de position radicales » – aux dires d’un proche de Khalifa Sall –, ce compagnon de route du maire de Dakar se retrouve en première ligne depuis le placement en détention de ce dernier, le 7 mars. « Il y a peut-être une pointe d’opportunisme dans son positionnement récent, mais il est clair qu’il est là, sur le terrain », admet la même source.

Cinq mois en détention provisoire

L’odeur de la poudre ne lui fait pas peur, au propre comme au figuré. Maire de Mermoz-Sacré-Cœur depuis 2009, député depuis 2012, celui qui fut le plus jeune maire du Sénégal n’avait pas hésité à faire usage de son pistolet lorsque plusieurs nervis menaçants du Parti démocratique sénégalais (PDS) avaient fait irruption dans sa mairie, fin 2011, en pleine campagne présidentielle.

L’un d’entre eux y avait laissé la vie, ce qui a valu à « Barth’ » d’effectuer cinq mois de détention provisoire, avant de ressortir au lendemain de l’élection de Macky Sall. En février dernier, même si la balle meurtrière ne provenait pas de son arme, il a été condamné à deux ans de prison, dont six mois ferme – l’affaire est en appel.

Un socialisme de caserne

L’ancien leader des Jeunesses socialistes, qui se montrait alors vindicatif contre l’ex-président Abdoulaye Wade, est désormais en guerre ouverte contre ses alliés d’hier : Ousmane Tanor Dieng, le patron du PS, qu’il accuse de pratiquer « un socialisme de caserne » en arrimant le parti au camp présidentiel, et Macky Sall, qu’il soupçonne de chercher à « liquider politiquement » les frondeurs socialistes proches de Khalifa Sall.

Depuis que le maire de Dakar est derrière les barreaux, Dias, 41 ans, se retrouve porte-parole officieux de ce courant à contre-courant, œuvrant à mettre sur pied des listes uniques de l’opposition pour les prochaines législatives, conformément au souhait de son mentor.