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Portrait : Mehdi Qotbi, chantre du soft-power culturel marocain

Mehdi Qotbi devant le musée de la Kasbah de Tanger. © FNM

Cet infatigable artiste et lobbyiste marocain se démène pour promouvoir l’art dans son pays. Et renforcer l’influence du royaume chérifien.

Mehdi Qotbi rayonne. Le président de la Fondation nationale des musées (FNM) a annoncé, le 5 mars, que le Musée Mohammed-VI d’art moderne et contemporain, ouvert en 2014, accueillera des œuvres des Français Claude Monet et Eugène Delacroix en 2019 et 2020.

En avril 2017, des toiles de Picasso iront quelque temps sur les cimaises rbaties, qui avaient déjà accueilli des œuvres de Giacometti en 2016. Autant d’annonces qui ressemblent à de petits exploits au Maroc, où la vie culturelle est en jachère.

Qotbi, la soixantaine, est un artiste peintre, mais aussi un lobbyiste influent à travers, entre autres, l’association d’amitié franco-marocaine qu’il a créée sous Hassan II. Il y a peu, il a obtenu 500 000 euros de la Fondation Guerrand-Hermès pour participer à la rénovation du Musée Dar-El-Bacha à Marrakech. De quoi rassurer ceux qui craignaient que le Musée Mohammed-VI ne vampirise toutes les activités de la FNM, laquelle a annoncé la réhabilitation de plusieurs autres établissements, de Safi à Fès.

Ambitions pour le Maroc

À Tanger, les travaux du Musée la Kasbah des cultures méditerranéennes, qui a rouvert ses portes durant l’été 2016, ont été financés à 80 % par un donateur anonyme. Le réseau de Qotbi n’hésite donc pas à mettre la main à la poche pour accompagner son action et sa vision ambitieuses. L’État marocain, lui aussi, lui fait confiance : le budget de la FNM est passé de 50 millions de dirhams (4,7 millions d’euros) en 2016 à 70 millions pour 2017.

Cet homme volubile, amoureux des arts et issu du petit peuple marocain, est réputé proche de Mohammed VI. La demande d’organiser en quelques mois seulement l’événement « Afrique en capitale », du 28 mars au 28 avril à Rabat, pour accompagner sur un plan culturel le retour du royaume dans l’Union africaine émanerait directement du monarque.

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