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Suisse-Afrique : « Les ressortissants africains jouent un grand rôle à Genève »

Par - Envoyé spécial

Guillaume Barazzone, maire de Genève. Février 2017 © © Fred Merz

Élu en 2012 au Conseil administratif de la ville de Genève – le gouvernement municipal, composé de cinq membres –, Guillaume Barazzone en assure la présidence tournante depuis juin 2016.

À 35 ans, le maire de la ville, dont le mandat court jusqu’au 1er juin, revient sur les relations très spéciales tissées au fil des décennies entre Genève et le continent africain. Avocat passé par l’université Columbia, aux États-Unis, cette figure montante du Parti démocrate-chrétien (PDC) connaît bien le monde du négoce international.

Comment qualifiez-vous les relations entre Genève et l’Afrique ?

Nos liens sont très étroits. Les ressortissants africains jouent un grand rôle dans les 270 organisations internationales et non gouvernementales présentes à Genève. Une grande partie de nos programmes en matière d’aide économique et de coopération, cantonaux ou municipaux, est orientée vers l’Afrique, où nous essayons d’apporter nos compétences, en ce qui concerne la promotion aux investissements notamment.

L’image de paradis fiscal de la Suisse est révolue et n’a plus aucune raison d’être.

De nombreuses entreprises installées à Genève travaillent avec le continent, et nous accueillons très régulièrement d’importantes délégations africaines de très haut niveau. Genève, c’est un peu le forum de Davos tous les jours. Depuis le cœur de l’Europe, nous tenons le rôle de courroie de transmission entre l’Afrique et le reste du monde.

Quelles sont les filières dans lesquelles le secteur privé genevois est particulièrement performant ?

Genève est évidemment une grande place financière, notamment en matière de gestion de fortunes et d’actifs, mais son image de paradis fiscal est révolue et n’a plus aucune raison d’être. Notre histoire de carrefour commercial, conjuguée à notre stabilité économique et monétaire, a favorisé l’arrivée des plus importants acteurs du négoce dans les matières premières.

Notre ville bénéficie d’une économie très diversifiée : la moitié de la population est d’origine étrangère.

Au-delà de la banque et du trading international, Genève doit être vue comme un laboratoire d’innovations dans les domaines de l’urbanisme et des infrastructures, des sciences de la vie et de l’environnement. Notre ville bénéficie d’une économie très diversifiée, baignée dans un multiculturalisme historique : la moitié de la population est d’origine étrangère. Nous avons connu la mondialisation avant les autres.

Ne craignez-vous pas qu’entre un franc suisse fort et les dernières votations visant à renforcer la fiscalité des multinationales installées en Suisse, les acteurs du négoce international ne soient tentés d’aller voir ailleurs ?

Ce risque existe toujours. Notre fiscalité, remise en question par l’Union européenne, est pour l’instant favorable aux sociétés de trading. Nous tentons de mettre en place pour les dix ou vingt prochaines années un cadre juridique clair qui soit en conformité avec les normes internationales, en matière de transparence notamment. Quant à notre franc, il est un peu la rançon de notre succès.

Les observateurs considèrent que notre économie va bien. Notre force, c’est que les acteurs les plus importants du négoce international sont ici. L’ensemble des compétences est réuni à Genève, des banques spécialisées dans le financement des marchandises aux armateurs comme MSC. Il n’y a donc aucune raison de voir les grandes sociétés de trading partir.

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